Attirer des recrues malgré la guerre | Étude
 

Evolution du travail 2.0 : valoriser les collaborateurs, une priorité absolue ?

 

Seuls 23 % des salariés français se sentent estimés par leur employeur, selon la nouvelle enquête d’ADP Research Institute®. Un pourcentage qui atteint 42 % si l’on considère les résultats des trois autres pays européens sondés. La valorisation des collaborateurs, qui passe par différents leviers dont ceux de la reconnaissance et du développement des compétences, demeure donc très insuffisante selon les principaux intéressés. Un chantier prioritaire pour tout DRH ou dirigeant souhaitant fédérer les talents ?

 

Valorisation des collaborateurs : la gestion à la peine

Menée auprès de 5 330 salariés et 3 218 employeurs dans des entreprises de 50 salariés et plus issues de 13 pays dont 4 en Europe (France, Allemagne,, Royaume-Uni), l’étude Évolution du travail 2.0 révèle une différence d’appréciation notable de la gestion, selon que l’on soit salarié ou employeur. Dans l’Hexagone, alors qu’elle donne satisfaction à 1/4 des collaborateurs, leurs employeurs la considèrent comme performante à 60 % ! Si les salariés français sont 77 % à se sentir mésestimés, 54 % d’entre eux se jugent pourtant utiles. Un faisceau d’indicateurs concourt à de tels résultats. En matière de planification de l’évolution de carrière, 35 % des collaborateurs jugent leur entreprise efficiente, et 38 % sur l’évaluation des performances dans leur société. Quant à la formation, le verdict est sans appel : 28 % peuvent bénéficier d’une formation pour progresser dans leur fonction actuelle mais seulement 17 % pour étendre leurs compétences à d’autres rôles dans l’entreprise. Les formations répondant aux besoins futurs du marché dans leur secteur, ne concernent que 8 % d’entre eux.

 

Faire de l’entreprise « une affaire personnelle » ?

Si les salariés hexagonaux n’accordent pas une importance décisive aux liens personnels lors de l’intégration dans l’entreprise, ceux-ci influent pourtant sur le sentiment de connexion au travail. Or le management se soucie peu de ce type de liens. Les approfondir permettrait de profiter pleinement du potentiel des collaborateurs. Les salariés français se sentent moins « liés aux autres personnes » dans leur entreprise que les autres salariés européens.

 

Un cercle vertueux valorisation des collaborateurs / satisfaction professionnelle

Selon une étude menée par l'université de Stanford, la productivité horaire s’effondre au-delà de 50 heures de travail par semaine. En parallèle, l’enquête ADP Research Institute® révèle que les heures de travail constituent l’un des trois critères décisifs pour le choix d’un emploi par les futurs collaborateurs, dans tous les pays européens sondés. Rien d’étonnant quand les attentes en matière d’équilibre vie professionnelle / vie personnelle sont élevées.
L’étude Évolution du travail 2.0 identifie clairement un cercle vertueux. La satisfaction professionnelle est liée à la motivation, à l’estime et au sentiment d’accomplissement. Montrer aux collaborateurs qu’ils ne sont pas « facilement remplaçables », les complimenter, leur faire des retours réguliers sur leur travail, manifester un réel intérêt à leur égard et les inviter à dépasser leurs limites, stimule leur satisfaction. Toutes nationalités confondues, les salariés satisfaits évaluent de manière très positive la gestion dans leur entreprise (74 % contre 29 % lorsqu’ils sont mécontents).   

Plutôt que d’opposer la logique du « moi » (ce qui impacte le collaborateur, au présent et dans son activité quotidienne) à celle du « nous » tel qu’il est défini dans l’étude (la santé globale de la structure et les perspectives de carrière envisagées à long terme), ne serait-il pas temps de promouvoir un « nous » réellement collectif, qui fédère les équipes, les managers et l’employeur ? Et de considérer la qualité du lien individuel, interservices ou du collaborateur à l’employeur, comme l’un des principaux moteurs de l’entreprise ?