Contact

Contact

hr_services

Experts et Conseillers d'ADP

Service 0,15€/appel + prix appel. Nos conseillers vous répondent du lundi au vendredi de 9h à 18h.

speech_bubble

Un projet ? Parlons-en ensemble ! ADP est un acteur incontournable de la scène RH et nos domaines d’expertise sont variés. Il y a une solution ADP pour vous :

Helpline

Helpline

24_7_support

Helpline Client

Service 0,15€/appel + prix appel.

Vous êtes déjà client et vous souhaitez être mis en relation avec un de nos conseillers.
Pour faciliter le traitement de votre demande, merci de vous munir de votre numéro de client.

Je suis client et je souhaite être contacté(e) par ADP

Engagement

Freaky Friday ou les vendredis maudits

 
 

Salutations à vous, soeurs et frères DRH,

Ce soir, c’est dans la salle de bain, torse nu face à ce grand miroir qui est en train de me refléter tandis que je me brosse les dents, que j’ai envie de vous raconter un épisode de mon journal. Je suis inquiet... Et mon inquiétude va grandissante tandis que je palpe mes bourrelets abdominaux. J’ai bien perdu maintenant la silhouette élancée et svelte de ma jeunesse, et ce, malgré mon abondante collection de livres du genre «Comment déjeuner avec le comité de direction sans prendre un kilo ?» ou «Pourquoi ne pas maigrir en mangeant tous les jours au restaurant ?»...

Quelques kilos supplémentaires, ce n’est pas grave en soi. Vous connaissez aussi bien que moi les techniques d’habillage qui permettent de dissimuler les rondeurs dans les plis de la chemise ou derrière l’amplitude d’une veste de costume légèrement trop large. Bien sûr. Je pense que certains d’entre vous utilisent également la technique millénaire du rentrer-le-ventre, en particulier lorsque vous croisez la jeune et mignonne nouvelle assistante de votre DG.

Mais, comment faire lorsqu’on ne porte rien du tout ?

Et c’est pour ça que je suis inquiet ! Vous avez tous entendu parler de cette entreprise anglaise de design et marketing, onebestway, qui a eu l’étrange idée de passer un «Naked Friday». Sur les conseils d’un coach, les collaborateurs de cette société ont décidé de travailler sans aucun habit un vendredi de juin 2009. Les raisons sont multiples : «se montrer nu est l’expression ultime de la confiance en soi et dans les autres», «cette expérience les a aidés à se parler franchement, à lever certaines barrières»... David Taylor, leur coach, en a même tiré 7 Business Lessons1.

En soi, que nos amis anglais décident d’expérimenter de nouvelles techniques de management, c’est universitairement intéressant pour la Recherche en Sciences de gestion, c’est peut-être un argument de plus pour ceux qui pensent que nos voisins d’outre-Manche sont différents, ça teste sûrement le niveau de confort du chauffage des locaux... mais, en tout cas, cela ne devait pas avoir d’influence sur moi.

Sauf que...

Sauf que, fébrile, je viens de feuilleter mon journal intime. Je me suis aperçu que, pour asseoir la coopération et le lien social dans mon entreprise, certains ont déjà eu beaucoup d’idées. Par exemple, je lis que le vendredi 13 avril 2001, nous avons joué au no-mail-day. Interdiction de communiquer par courrier électronique ce jour-là. Je me rappelle, c’était un peu bizarre : je n’avais jamais vu autant de monde dans les couloirs, ni autant de personnes en train de discuter. Malgré tout, certains avaient essayé de passer outre la règle en prétextant la nécessité impérative d’envoyer le rapport Machin ou le compte-rendu Truc à leur correspondant habituel. Mais les informaticiens avaient bien suivi les consignes et chaque tentative d’utilisation du logiciel de messagerie générait le message suivant : «Aujourd’hui est une journée sans messagerie électronique. Utilisez l’antique communication verbale pour transmettre vos messages». Alors, pour prévenir le collègue de la Comm’ que vous alliez déjeuner, il fallait aller le chercher. À pied, jusque dans son service ! Bon, OK, je me rappelle que ça a été sympa puisque j’ai rencontré un passionné d’échecs comme moi et depuis, on joue régulièrement ensemble. Mais, bon, la Comm’, elle est au 4ème sans ascenseur et la cafèt au rez-de-chaussée...

Le vendredi 23 juillet 2004, c’était le casual-wear-friday. «L’entreprise est un lieu où chacun doit être à son aise. Chez nous, c’est aussi chez vous», nous disait notre DG, avec, en filigrane, l’idée tacite que «mieux on est, plus on est performant». «Alors, ce vendredi, on s’habille cool... comme chez soi». Et bien, chers lecteurs, je pense que vous seriez très étonnés de connaître les habitudes vestimentaires de notre directeur de la production quand il est chez lui. On a l’impression qu’il va à un mariage, sauf qu’il n’a pas la cravate... Moi, j’étais arrivé en tongs, bermuda hawaïen et avec mon vieux T-shirt «faîtes l’amour, pas la guerre». Je ne vous raconte pas le décalage avec les autres, qui se l’étaient joués quand même moyennement décontractés, ou avec une décontraction beaucoup plus intérieure et beaucoup moins vestimentaire... J’ai dû prétexter une migraine aiguë pour rentrer à la maison. Depuis, même pour faire les courses avec mon épouse le samedi, je mets un costume au cas où je croiserais un membre du comité de direction. Et, pousser le caddie en costard...

J’en ai trouvé un autre : vendredi 9 septembre 2005. Pour fêter la rentrée et accueillir les nouveaux comme il se doit, a été organisé un brunch où chacun devait amener une spécialité de sa région d’origine. «Ça nous permet de mieux nous connaître, de rencontrer enfin l’homme et non le collègue», avait posé comme alibi le DAF, l’initiateur de cette brillante idée. Bon. Pourquoi pas ? Sauf que 2005 était l’année où nous avons accueilli Loïc Poulmec, notre camarade breton, ainsi que Erik Zimmann, l’alsacien. Si le moment d’échanges était réel et sincère, je me rappelle que nous avons eu beaucoup de soucis olfactifs pendant le mois suivant : malgré les efforts de notre société de nettoyage, après chaque réunion du comité de direction, une odeur bizarre, mélange de choucroute froide et de poissons, empestait les vêtements. C’était tellement terrible que certains ont émis l’idée de rebaptiser notre salle de réunion «le Port d’Amsterdam»...

Je vous passe les nombreux vendredis où nous avons dû parler anglais, tous ceux où nous avons participé à divers challenges sportifs... Allant même jusqu’au saut à l’élastique !

Alors, à mon âge, le caractère s’empreint d’une douce zénitude, liée à l’expertise et à l’expérience. J’ai pris toute ces idées avec philosophie, y voyant plutôt le verre à moitié plein que son jumeau à demi vide. OUI à la cohésion, oui à la bonne ambiance, oui à beaucoup de choses...

Mais, à poil au bureau, NON, non et non ! Et ce n’est absolument pas négociable !

Salutations, amis DRH, et portez-vous bien !

1 http://blog.onebestway.com/2009/the-seven-business-lessons-from-the-naked-office/

 

Vous pouvez contribuer !