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Reconnaissance

Le mot le plus important ?

 
 

Salutations à vous, amis DRH !

Je viens de participer au premier colloque international sur la reconnaissance non monétaire organisé par Christophe Laval1. J’en suis resté un peu coi. Un peu comme s’il s’était dit des choses que nous n’avions jamais entendues, ou alors, bien trop rarement. Comme des mots avaient été placés sur nos croyances. Et, cela nous faisait chaud au coeur. Vraiment !

Nous avons appris que la reconnaissance commence par un simple bonjour. Ensuite, nous avons décliné le verbe connaître un peu dans toutes les directions : connaître ses collaborateurs, ne pas mé-connaître leur travail et leur identité, et surtout les re-connaître. Reconnaître, un mot qui commence par «re» et dans lequel il y a une notion de répétition, nous a-t-on dit initialement. À la manière de Pénélope qui reprenait chaque jour son ouvrage sur son métier, l’action de reconnaissance, pour être correctement exécutée, doit être sincère et renouvelée. De nombreuses fois. Sans hésitation... «re»...

Mais, Peter Hart, directeur général de la société Rideau2, n’était pas d’accord sur le sens de ce «re». Avec son accent de canadien anglophone, il nous disait que «oueconnaissance, ce commence par oue, comme ouespecte, car le ouespecte est un devoir»...

Une autre canadienne, Geneviève Bich3, nous a expliqué qu’il fallait établir avec chaque personne une relation particulière, que «Money talks, but not that loud». Enfin, elle nous a dit qu’elle pensait que «si la rémunération est un dû, la reconnaissance est un droit».

En rentrant chez moi, le soir, j’ai feuilleté mon journal intime et plusieurs histoires sont remontées à ma mémoire.

D’abord, celle de ce DRH. Ancien dans sa fonction, âgé dans son corps et vieux dans son comportement. Il devait être sorcier dans une autre vie, car il avait réussi à nous rendre invisibles. Quand nous le croisions dans le couloir, il ne nous voyait jamais. Un peu comme si nous étions devenus transparents. Alors, nous essayions d’attirer son attention par un «bonjour monsieur» à la fois sonore, respectueux et convivial. Mais il n’était pas appareillé et ne nous a jamais entendus... Et puis, un jour, il est parti... comme ça, sans dire au revoir. Nous ne l’avons plus jamais revu... En réfléchissant, je suis certain que vous, mes chers lecteurs, vous en avez connus sûrement aussi connus, des gens comme ça. Je me trompe ?

Ensuite, il y a celle de ce journaliste que j’accueillais à l’occasion d’un séminaire où il devait faire une intervention. J’étais jeune à l’époque et au début de ma carrière professionnelle. Lui était très médiatique et extrêmement connu. Je faisais donc les cent pas devant mon entreprise. Il ne faisait pas très chaud. Soudain, j’aperçois une grosse berline noire au bout de l’allée. C’est lui. Je rectifie ma tenue. La voiture s’arrête devant moi. Je me précipite, mais il est déjà sorti. Il me sourit, me regarde dans les yeux et me dit d’une voix chaleureuse : «bonjour monsieur, merci de m’accueillir. J’espère que vous n’avez pas eu trop froid». À ce moment-là, je peux vous certifier que j’ai réellement eu l’impression que j’étais la seule personne qui comptait pour lui au monde, que toutes ses pensées étaient centrées sur moi. C’était un sentiment vraiment très fort. Il m’avait reconnu en tant que personne. Lui, si connu, si important, avait consacré toute son attention à ce jeune homme inconnu qui l’attendait pour lui servir de guide. Je pense que ce souvenir ne me quittera jamais et je garde un profond respect pour cette personne. Depuis ce jour, depuis cette rencontre, quand je salue une personne, quel que soit son niveau dans ou hors de l’organisation, je m’efforce vraiment de n’avoir qu’elle en tête durant ces instants d’échange.

J’ai également retrouvé un chapitre de mon journal sur cet ambassadeur du Canada auprès des Nations Unies, tellement respecté que les cabinets de Présidents de pays l’appelaient directement afin qu’il joue le rôle de médiateur dans des conflits internationaux. Un Monsieur, dirait-on en France. Quelqu’un d’humain, d’intelligent, de généreux... J’avais noté comment s’était déroulé son dernier jour au bureau. Tranquillement, humblement, il avait pris ses affaires personnelles, avait éteint lui-même la lumière et enfin, avait fermé définitivement la porte de son bureau. Lui, si respecté, si connu, était seul dans ce moment très particulier... Je peux relire ce que j’avais écrit dans la marge d’une écriture nerveuse : «Pourquoi n’est-on jamais reconnu par les siens, mais toujours par les autres ?»

Hmm ?

Enfin, je voudrais vous confier le secret que j’appris au cours de ce colloque : savez-vous quel est le mot le plus important ? C’est MERCI ! Un mot qu’il faut utiliser abondamment et qui se s’use pas si l’on s’en sert ! Alors, surtout, ne pas hésiter à s’en servir avec générosité.

Puis, partons en croisade ! Allons reprendre à nos cousins Nord-Américains l’égalité et la fraternité qu’ils nous ont empruntés et installons résolument la reconnaissance chez nous, dans notre entreprise, dans notre service, dans notre famille... Partout !

Salutations à tous, amis DRH,  et portez-vous bien.

1 Le colloque avait lieu au début du mois de novembre 2009. Je vous propose d’allez jeter un oeil sur son site internet : www.reconnaissanceautravail.com, vous ne serez pas déçus.
2 Rideau est une entreprise canadienne qui fournit des solutions de récompense et de reconnaissance.
3 Chef Stratège-Talents du groupe canadien Dynamite.

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