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Reconnaissance

Entretiens désopizarres et autres sériosités : j'ai interviewé... le Professeur Dumbledore

 
 

Comme il ne nous était malheureusement pas possible d’aller à Poudlard pour réaliser un interview du Professeur Albus Dumbledore, ce dernier nous a fait l’insigne honneur de nous permettre de le rencontrer dans un petit café parisien, près de la Seine. Et, c’est anonyme au milieu d’une importante clientèle de Moldus que ce directeur de l’une des plus prestigieuses écoles de sorciers s’est prêté de bonne grâce au jeu des questions impertinentes de notre envoyé spécial, Edgar Delion.

Edgar Delion : Bonjour, Professeur. Merci infiniment de nous faire l’honneur de vous rencontrer ici, en pays moldu, pour échanger sur vos pratiques de formation.

Professeur Albus Dumbledore (souriant dans sa grande barbe grise) : Je vous en prie, très cher. Venir dans votre monde me donne toujours l’occasion de faire des rencontres intéressantes, même si nous n’obéissons pas forcément aux mêmes logiques. Je vous écoute, mon jeune ami. En quoi la formation des sorciers peut-elle vous intéresser ? Comptez-vous ouvrir une école concurrente ?

E.D. (riant) : Non, Professeur, bien sûr que non ! Nous ne voudrions pas vous faire concurrence… (puis, plus sérieusement) Chez nous, la formation prend une importance considérable, voire de plus en plus importante au sein de la gestion des ressources humaines. On se forme quand on est jeune pendant son cursus scolaire ou universitaire. Puis, on continue à se former tout au long de la vie. Enfin, nous nous sommes même aperçus que l’expérience peut permettre d’acquérir un savoir issu de la pratique, et nous avons mis en place une manière formelle de valider ces acquis. Tout cela a un prix et il est nécessaire d’en maîtriser le coût sans obérer les prestations au profit des collaborateurs. Qu’en est-il dans le monde des sorciers ? Avez-vous de telles pratiques ? Comment utilisez-vous ce levier qu’est la formation pour votre GRH ?

P.A.D. : Voilà une bonne question, jeune Moldu. La première étape dans la formation des sorciers se déroule à Poudlard (je n’utiliserai que ce terme pour la simplicité de mes propos, mais il faut que vous sachiez qu’il existe plusieurs écoles de formation initiale). C’est donc à Poudlard qu’entrent nos jeunes avec pas ou très peu de connaissances et il revient au corps professoral de leur apprendre la théorie et la pratique de la magie. J’insiste bien sur ces deux aspects importants de notre formation. À la différence de certaines écoles que vous avez chez vous et qui ne prodiguent qu’un savoir académique théorique, nos écoles sont obligées de prendre en compte la pratique dans l’ingénierie de formation. « On ne peut pas devenir sorcier sans faire chauffer sa baguette », comme j’aime le répéter à chaque début d’année scolaire à nos nouveaux élèves.

Nous avons donc mis en place un cursus à deux facettes : la partie théorique (la connaissance des formules magiques, des ingrédients d’un élixir…) qui peut se faire en salle de cours ou bien le soir en bibliothèque, et la partie pratique qui se déroule systématiquement en présence d’un professeur compétent, qui a pour mission d’inculquer le savoir-faire, c'est-à-dire le geste, à nos élèves. Sans ce geste, point de magie ! Je ne vous raconterai pas tous les accidents qui ont eu lieu en cours par mauvaise gestuelle. Heureusement que notre corps enseignant peut rattraper les erreurs des élèves sinon nous aurions une forte diminution de notre population chaque année… Je plaisante, bien sûr !

En fait, pour revenir sur ces notions de théorie et de pratique et pour être tout à fait précis et complet, il y a bien quelques matières complètement théoriques dans notre formation. L’histoire de la magie en fait partie, par exemple. Nous avons également un cours de droit d’exercice de la magie, un autre sur l’éthique de sa pratique. Tous ces enseignements ne requièrent absolument aucune technique. Ils n’ont pour but que de donner une meilleure compréhension de notre monde et de ses règles à nos sorciers. D’ailleurs, pour ces disciplines, un responsable du Ministère de la Magie qui connaît bien votre fonctionnement universitaire nous a proposé de mettre en place un enseignement par e-learning pour optimiser les séjours à Poudlard qui ne seraient plus consacrés qu’aux seules matières nécessitant de la pratique. Cette idée est bien innovante et nous y réfléchissons sérieusement. Aujourd’hui, nous sommes face à d’énormes problèmes techniques et de résistance au changement : comment établir la connexion ? Comment la sécuriser ? La gestion du site doit-elle être à Poudlard ou en pays moldu ? Bref, c’est un chantier quand même bien difficile à mener, surtout quand on pense que nous ne sommes pas encore à l’heure des mails, puisqu’on s’envoie des hiboux avec les pièces jointes entre leurs serres... et que lorsque nous parlons de souris, c’est plutôt comme repas de nos facteurs volants…

E.D. : Professeur, le périmètre de la magie me fait penser à celui des ressources humaines par sa diversité et sa variété. À l’instar d’un responsable RH qui peut être spécialiste de la rémunération, du dialogue social, de la GPEC ou autre, il me semble qu’un sorcier a la possibilité d’être expert dans le domaine des potions, de la lutte contre les Forces du Mal ou bien celui des transformations… Alors, pour vous, un bon sorcier doit-il être généraliste ou spécialiste ?

P.A.D. : C’est une bonne question que vous me posez, Edgar. Il est difficile d’y répondre, car il n’existe pas une seule réponse absolue, mais plusieurs réponses en fonction des situations. Dans notre vie de tous les jours, il n’est pas nécessaire d’être champion dans un domaine. Nos fonctions peuvent être assumées avec une connaissance généraliste de la magie, et si nous nous heurtons à un problème bien particulier, nous avons toujours la possibilité de faire appel au spécialiste reconnu. En revanche, il existe des endroits où l’amateurisme n’a pas sa place : à Askaban notre prison, par exemple, ou dans les escouades de lutte contre la magie noire, il est nécessaire d’avoir des sorciers champions dans leur domaine, opérationnels et performants de suite.

Déclinée en terme de formation, la réponse à votre question fait que nous avons donc décidé d’opter pour une formation de généraliste à Poudlard. Nous proposons des formations plus pointues pour ceux qui veulent se spécialiser dans un domaine particulier. Mais, cela se fait dans un second temps.

Encore une fois, je vous rappelle que la théorie n’est pas tout, et qu’il est toujours nécessaire de la mettre en pratique pour améliorer son expérience. On n’est pas sorcier dans les livres ! Pour faire une comparaison audacieuse, je dirais que les sorciers sont comme les pilotes : plus ils sont anciens, plus ils sont expérimentés… au moins tant qu’ils sont aux commandes de leurs avions ou de leurs baguettes…

E.D. : Professeur, vous parlez beaucoup d’expérience et de mise en pratique de la magie. Avez-vous mis au point un système qui valide l’expérience ?

P.A.D. : Dans quel but ? Chez nous, nous n’avons pas votre culte du diplôme. On juge la performance d’un sorcier sur ses résultats et pas sur son origine ou son école. Même si Poudlard fait partie des meilleurs organismes de formation, son diplôme n’est pas le passeport absolu. Et de même, qu’on soit de pure lignée, ou enfant de sorcier et de moldu, c’est toujours aux résultats que nous mesurons le niveau d’un sorcier. Hermione Granger est un excellent exemple de cette philosophie. Harry Potter, aussi, d’ailleurs !

E.D. : Professeur, c’est vraiment un réel plaisir d’échanger avec vous. J’aurais encore tant de questions à vous poser : y a-t-il de la formation continue chez vous ? Le maniement de la baguette est-elle source de TMS ? Mais, je sais que votre emploi du temps est très chargé. Je vais donc vous remercier infiniment de m’avoir permis de vous poser ces questions et vous souhaitez un bon retour à Poudlard en espérant que nous aurons l’occasion d’approfondir certains sujets laissés en suspens.

À cet instant, Albus Dumbledore m’a regardé en souriant. Il m’a fait un clin d’œil tout en sortant sa baguette. Il s’est penché vers moi et m’a dit en souriant : « Edagr, permettez-moi de partir avant que l’addition n’arrive, je ne voudrais pas être obligé de faire la vaisselle ». Il l’a ensuite agitée en chuchotant quelque chose que je n’ai pas compris, puis il a disparu. Ne restait à la place du Professeur qu’un insigne de Poudlard accompagné d’un parchemin sur lequel était écrit à la plume : Meilleurs souvenirs d’Albus Dumbledore.

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