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Reconnaissance

J'ai interviewé... « On »

 
 

On avait pris une décision étrange dans cette entreprise. Malgré un chiffre d’affaires en constante augmentation, malgré de bons résultats financiers, On avait décidé de mettre en place un PSE. Pour rassurer les actionnaires, avait-On dit, car ils sont toujours inquiets pour leurs investissements.

Il nous fallait en savoir plus ! Nous ne comprenions pas pourquoi ni comment On pouvait prendre une telle décision alors que tout le monde s’accordait sur la stabilité et la bonne santé de l’entreprise. Enfin, malgré un bon dialogue social, cette décision tonna comme un coup de foudre par un soir d’été et chacun en fut immensément surpris.

Moi, Edgar Deleste, j’avais la délicate tâche de rencontrer et d’interviewer « On » afin de comprendre les raisons de ce choix. Et, c’est une vraie enquête au sein du conseil exécutif que j’ai menée pour trouver le responsable de cette décision pour le moins étonnante.

Voici le récit de mes pérégrinations de dirigeant en dirigeant, avec toujours la même question : pourquoi ?... 

 

Edgar Deleste : Bonjour Madame. Vous êtes la DRH de cette entreprise. Tous les salariés savent désormais qu’on a décidé de mettre en place un PSE, malgré l’apparente bonne santé de l’entreprise. Pourquoi avoir pris une telle décision ?

DRH : Dans l’entreprise, ce n’est jamais aussi simple qu’il n’y parait. Chacun a toujours la vision que lui permet sa fenêtre, mais personne ne peut être assuré qu’il connaît tous les versants de cette montagne de complexité qu’est l’entreprise.

Par exemple, nous, à la DRH, nous efforçons de vraiment prendre en compte l’aspect humain de la ressource dont nous avons la charge. C’est la raison pour laquelle, entre autres actions, nous avons mis en place des GT sur les parcours professionnels. Nous soignons nos collaborateurs. Nous sommes persuadés que miser sur le capital humain, c’est faire un pari gagnant à moyen ou à long terme.

Seulement, quand On nous demande des comptes, des économies immédiates, nous ne pouvons pas satisfaire instantanément. Nous ne fonctionnons pas selon la même échelle de temps ! Et puis il nous est difficile de chiffrer les gains que nous faisons chaque jour en employant du personnel compétent, motivé et heureux d’être dans son entreprise. Comment voulez-vous chiffrer la diminution du petit absentéisme ?

Alors, c’est tombé comme la foudre sur le paratonnerre. Dernier comité exécutif, On a décidé de mettre en place un PSE. Et, il n’y avait plus rien à dire : avant, chacun peut toujours s’exprimer, donner ses arguments, sa vision de la situation, mais une fois qu’On a décidé, il n’y a plus moyen de faire machine arrière. On a décidé, vous faîtes, c’est tout !

Edgar Deleste : À vous entendre, vous n’y êtes pour rien. 

DRH : Mais non, je n’y suis pour rien. Moi, j’étais absolument contre ! Mais, vous savez, l’entreprise est un système complexe où des logiques et des forces différentes, voire opposées, s’équilibrent. Même si j’étais vraiment opposée au début, quand chacun amène sa vision, On est bien obligé de se rendre compte que ce n’est pas tout rose et que, pour rester dans la course, On doit diminuer nos coûts.

Mais, vous devriez aller voir le DAF, il vous donnera une vision plus financière de la situation...

 

Edgar Deleste : Bonjour Monsieur. Vous êtes le DAF de cette entreprise. Tous les salariés savent désormais qu’on a décidé de mettre en place un PSE, malgré l’apparente bonne santé de l’entreprise. Pourquoi avoir pris une telle décision ?

DAF : Dans l’entreprise, ce n’est jamais aussi simple qu’il n’y parait. Chacun a toujours la vision que lui permet sa lucarne, mais personne ne peut être assuré qu’il connaît toutes les facettes de cet Himalaya de complexité qu’est l’entreprise.

Par exemple, nous, à la DAF, nous devons tenir les cordons de la bourse de manière stricte. Ça, c’est du concret, du visible et du mesurable. Et, nous avons des comptes en rendre ! Vous noterez le jeu de mots qui montre bien le périmètre de notre fonction. Non seulement nous devons présenter l’état des finances à la direction, aux actionnaires, aux partenaires sociaux, bref, presque à tout le monde, mais aussi, nous devons contrôler, voire empêcher les dépenses inutiles. Tout le monde a toujours une bonne raison pour demander des fonds supplémentaires : une nouvelle formation, un séminaire pour faire de la cohésion, une embauche non prévue.

Heureusement, nous veillons au grain. Et c’est pour ça que l’entreprise va bien. Nous sommes satisfaits. Alors, lorsqu’au dernier comité exécutif, On a décidé de diminuer les effectifs, ça a été comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu. Et, il n’y avait plus rien à faire. Avant, chacun exprime son avis, mais une fois qu’On a décidé, nous sommes obligés de suivre. On ne nous laisse plus aucune marge de manoeuvre.

Edgar Deleste : À vous entendre, vous n’y êtes pour rien. 

DAF : Mais non, je n’y suis pour rien. J’étais absolument contre ! Mais, vous savez, l’entreprise est un système complexe où des logiques et des forces différentes, voire opposées, s’affrontent. Même si je n’étais pas pour, quand chacun amène son oeil, On est bien obligé de se rendre compte que ce n’est pas si simple et que pour conserver sa place dans son secteur, l’entreprise doit gagner des parts de marché.

Mais, vous devriez aller voir le directeur du marketing, il vous donnera une vision plus commerciale de la situation...

 

Edgar Deleste : Bonjour Monsieur. Vous êtes le directeur du marketing de cette entreprise. Tous les salariés savent désormais qu’on a décidé de mettre en place un PSE, malgré l’apparente bonne santé de l’entreprise. Pourquoi avoir pris une telle décision ?

D. Marketing : Dans l’entreprise, ce n’est jamais aussi easy qu’il n’y parait. Chacun a toujours la vision que lui permet sa window, mais personne ne peut être assuré qu’il possède la global situation awareness.
Par exemple, nous, au marketing, nous devons vendre. C’est notre job et la santé de l’organisation repose sur nous. Nous en sommes le coeur, le heart. S’il bat bien, le corps fonctionne. Dès qu’il commence à avoir des battements irréguliers, les ennuis de santé arrivent.

Donc, nous, les commerciaux, nous ne nous posons pas de questions existentielles. Life is simple : sell ! il faut vendre. Et, avec la team que nous avons, je pense que nous le faisons plutôt bien. L’entreprise gagne des parts de marché chaque année. Du coup, la force de vente est super motivée... Et nous vendons encore mieux.

Alors, vous pensez bien que lorsqu’en comité exécutif, On a décidé de diminuer les effectifs, ça a été comme un coup de thunder en mer des Caraïbes. C’était décidé. Il n’y avait plus rien à faire. It was over ! Avant, tout le monde discute, fait valoir son point de vue, mais une fois qu’On a pris la décision, il nous faut suivre. Il n’y a pas d’alternatives.

Edgar Deleste : À vous entendre, vous n’y êtes pour rien. 

D. Marketing : Mais non, je n’y suis pour rien. No way ! J’étais absolument contre ! Mais, vous savez, l’entreprise est un système complexe où des logiques et des forces différentes, voire opposées, s’équilibrent. Même si, au début, je n’étais pas pour, quand chacun amène ses problématiques, On est bien obligé de se rendre compte que ce n’est pas si easy et que to be the best, il faut continuer à se développer.

Mais, vous devriez aller voir la DirComm, elle vous donnera une vision plus synthétique de la situation...

 

Edgar Deleste : Bonjour Mademoiselle. Vous êtes la directrice de la communication de cette entreprise. Tous les salariés savent désormais qu’on a décidé de mettre en place un PSE, malgré l’apparente bonne santé de l’entreprise. Pourquoi avoir pris une telle décision ?

D.COM : Avec votre expérience d’investigation, vous vous doutez bien, mon cher monsieur, que dans l’entreprise, ce n’est jamais aussi simple qu’il n’y parait.. Je dis toujours que chacun a la vision que lui permet la lucarne de son chalet, mais personne ne peut être assuré qu’il connaît tous les versants de la montagne.

Alors, oui, nous avons vraiment pris en compte la dimension humaine et durable de nos RH. Vous savez peut-être que nous avons beaucoup réfléchi sur la gestion des carrières pour proposer des parcours évolutifs et attractifs à nos salariés.

Oui, nous avons une bonne santé financière. Les comptes sont gérés de main de maître par nos financiers et chaque année, nous faisons des bénéfices. 

Oui, nos équipes commerciales sont performantes. Nous gagnons des parts de marchés tous les ans. La Force (de vente) est avec nous, je pourrais presque dire.

Alors, vous imaginez bien notre surprise quand, au dernier comité exécutif, On a décidé de mettre en place un PSE. Nous étions stupéfaits. Ça m’a fait l’effet d’une bombe, d’un coup de tonnerre. Nous avions tous évoqué notre point de vue, mais On a décidé de diminuer les effectifs. Et quand On décide, nous sommes tous obligés de suivre ! Et d’expliquer ensuite...

Edgar Deleste : À vous entendre, vous n’y êtes pour rien. 

D.COM : Vous savez bien que je ne fais que de la communication sur les décisions qui sont prises. Même si j’étais opposée, je n’ai pas voix au chapitre. Mais, vous savez, comme je le dis souvent, l’entreprise est un système complexe où des logiques et des forces différentes, voire opposées, s’équilibrent. Les acteurs sont nombreux et toutes leurs actions visent un meilleur futur pour notre organisation.

Mais, vous devriez aller voir la DRH, elle vous donnera une vision...

 

C’est à ce moment que j’ai tout compris... J’ai brusquement remercié tout le monde et je suis parti immédiatement. À l’entrée de l’entreprise, je me suis retourné pour jeter un dernier coup d’oeil sur les bâtiments. Ils étaient tous aux fenêtres de leurs bureaux et On me regardait en souriant...

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