Blog logo

RH info, le portail des ressources humaines : infos, actus, débats, prospective, agenda RH

Digital RH

La prolifération de l'information

 
 

Le KM, nous l'avons dit, se confronte d'abord à une double difficulté : la prolifération sans précédent des informations accessibles d'une part, et l'identification des informations utiles d'autre part.  
 
Le savoir étant désormais un facteur clé du développement des entreprises, il est opportun de discerner avec soin les deux modes classiques d'accès à ce savoir :
 
- Le mode dit "pull", dans lequel la recherche d'information est active, l'intéressé formulant lui-même sa requête à partir du besoin explicite qui est le sien. Deux problèmes se posent dans ce cas : premièrement, l'identification du lieu (personne, site, expert) et de la manière (formulation de la requête, critères de recherche) d'obtenir la réponse ciblée ; deuxièmement la limitation du champ de conscience de l'intéressé, qui ne s'appuie alors que sur son système de représentations existant pour diagnostiquer le problème et estimer son besoin.
 
- Le mode dit "push", dans lequel la recherche d'information est "passive", l'intéressé recevant de l'information sans en avoir formulé la demande. Ce peut être le cas, par exemple, d'un suivi simple d'information (les médias), d'une veille structurée sur un secteur plus restreint ou encore d'une organisation du système d'informations prospectives, par intranet, au sein d'une entreprise. Dans ce cas, les problèmes posés sont différents : premièrement, celui du repérage et de la pertinence des informations pour un acteur donné ; deuxièmement le temps nécessaire pour réviser et réadapter son système de représentations en fonction d'une intégration constante d'information ; enfin la capitalisation et l'exploitation transmissible et reproductible de ces informations - sans laquelle il n'est pas, rappelons-le de professionnalisme avéré.
 
Le paradoxe, pour une entreprise dont le développement est intimement lié à la " pointe " de l'information, apparaît ainsi plus clairement : en matière de savoir, la méconnaissance des possibles exige une ouverture et une captation maximale, le mode " push " présent devenant le moteur du mode " pull " à venir. Mais la prolifération des sources d'accès et la difficulté à structurer des vecteurs de recherche efficaces crée ordinairement une pure inflation d'informations que l'on ne peut ni ne sait exploiter.
 
A ceci, se rajoute la distinction, plus classique et ancienne, de l'oral et de l'écrit, les échanges e-mails s'assimilants dans une forte proportion à une communication orale (Il y a d'ailleurs là une duperie que nous relèverons en son temps, lorsque nous reviendrons sur les NTIC). Rappelons que l'oral offre souplesse et convivialité, mais qu'il se heurte à des difficultés qui lui sont propres : faible extension simultanée ; nécessité d'identité ou de " ponts " culturels ; constitution - toujours lente - de réseaux ; mémorisation et traçabilité faible. L'écrit, quant à lui, pour éviter ces écueils, souffre d'une lourdeur de formalisation qui le pousse à des excès quantitatifs et qualitatifs.
 
La question est donc - simple, intellectuellement, mais plus complexe qu'il peut y paraître pratiquement - de pouvoir et savoir attribuer une valeur à l'information.

Vous pouvez contribuer !