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Marketing RH

Même pas peur ?

 
 

Salutations à vous, amis DRH !

Trois jours ! Ça faisait trois jours que Jean-Marie n’arrivait plus à dormir !

Il tournait et retournait tout ce qu’il lui était arrivé depuis lundi dernier sans trop voir de solution. Maudit lundi ! Déjà qu’il n’était pas trop du début de semaine... Pourtant, tout avait bien commencé pour ce nouveau recrutement : un poste attractif, beaucoup de candidats intéressés et intéressants, un responsable qui lui fait confiance et le laisse libre du choix de la méthode de sélection... Bref, que du bonheur pour son premier chantier !

Que du bonheur jusqu’à ce fameux coup de téléphone du directeur financier : « Alors, Jean-Marie, il paraît que vous êtes responsable du prochain recrutement ? Super ! Ça ne m’étonne pas qu’on vous ait confié cette responsabilité... On ne s’est jamais vu, mais j’ai entendu beaucoup de bien de vous... » Il faut savoir que Jean-Marie ne connaissait absolument pas ce directeur. Se voir interpeller ainsi le laissa perplexe. L’autre continuait : « Vous savez peut-être que j’habite à Belleville ? Non ? Ce n’est pas bien grave. Ce qui est plus important, c’est que, justement, Pierre, le fils du voisin de mon voisin d’en face a postulé pour le poste. Et, connaissant le père, je suis quasiment certain que le gamin va remporter la sélection. Je peux compter sur vous ? » Jean-Marie ne put répondre, car son interlocuteur avait déjà raccroché...

Quant au résultat des entretiens, finalement, le petit protégé n’était pas le meilleur, tant s'en faut. Celui qui avait tout raflé, pour les compétences, le potentiel ou la motivation, se prénommait Mamadou. Et, pour Jean-Marie, il était hors de question que le poste ne lui revienne pas. Question de conscience professionnelle et d’éthique personnelle. Mais, qu’en penserait le DAF ? Qu’en penserait l’entreprise, alors que lui-même, dernier arrivé au service du recrutement, n’avait pas encore terminé sa période probatoire ?

Alors, Mamadou ou Pierre ? L’éthique ou le piston ?

Ses insomnies le conduisirent jusqu’à moi. Il avait besoin des conseils d’un ancien.

Jean-Marie m’explique le dilemme qui le ronge. Je souris et lui réponds presque du tac au tac : « Facile, mon vieux, c’est Milgram ! » Le regard interrogateur de mon jeune ami me fait penser que les seuls « Mille grammes » qu’il connaisse s’appellent aussi « Kilogramme ».

— La soumission à l’autorité ? Allez, Jean-Marie, laisse-moi te rafraîchir la mémoire.

Je lui parle de Stanley Milgram et de son célèbre livre1 sur les expériences qu’il a menées à l’Université de Yale. Dans le cadre d’une étude scientifique sur la mémoire, des candidats, volontaires, vont infliger des décharges électriques extrêmement importantes (heureusement fictives) à une autre personne. Ce travail expérimental montre comment la majorité des participants va se soumettre à une autorité, ici, la Science.

— Ah oui, je me souviens maintenant. L’expérience a également été reprise dans un film2 de Henri Verneuil, avec Montand. Oui, oui, intéressant... Sauf que ce n’est pas mon problème. Chez Milgram, les personnes se soumettaient à la Science et...

Je lui coupe la parole.

— Tu as raison, Jean-Marie. Dans les années 60, chez Milgram, les gens se soumettent à une autorité, la Science. Mais, aujourd’hui, cette autorité pourrait être autre chose. Par exemple, la Télévision, comme dans l’expérience extrême 3...

Réfléchissons... La soumission à l’autorité...

Ou l’Entreprise ?...

Non, ça ne peut pas arriver... Sauf que...

Sauf que la vie professionnelle nous place quotidiennement sous la subordination de notre employeur. C’est stipulé clairement dans le contrat de travail. Alors ?

Je ressors fébrilement mon journal intime.

La première histoire4 est celle d’une personne qui va à un entretien final d’embauche. Quand elle arrive dans les locaux de la DRH, elle s’aperçoit que 6 autres personnes sont encore en concurrence pour le poste. Sous forme de tests-jeux, par le biais d’instructions communiquées à l’écran, les candidats vont devoir s’auto-éliminer. Quand l’un d’entre eux s’oppose à cette méthode, l’assistante du service RH entre et rappelle que, « ici, rien n’est obligatoire », mais que « si vous voulez continuer à participer au recrutement, il faut accepter les règles de l’entreprise ». D’alliance en alliance, de manipulation en manipulation, les candidats finissent par s’éliminer les uns les autres jusqu’au dernier, et ceci sans aucune action de l’entreprise. Simplement pour avoir le poste... Alors, soumis à une autorité ?

La seconde histoire est un peu la même que celle de Jean-Marie : un recrutement où arrive Jenny, une super blonde, pulpeuse, bien en chair, mais aussi bien blonde, qui s’adresse à moi en me faisant un sourire à rendre jaloux Julia Roberts : « Bonjouuur ! C’est vouuus, le DRHHHH ? J’ai une lettre d’un amiiii très cheeeer, qui me recommande à vouuus ! » L’ami en question, c’est un copain de promotion de notre DG... « Nooon, je ne sais pas taper avec tous les doooigts, mais je vouuus fais un caféééé d’enfer ».

Face à Jenny, un jeune, timide, boutonneux à lunettes, qui nous annonce d’emblée qu’il ne fera jamais le café, qu’il vient pour un poste d’assistant, pas de barman ! Mais, il nous dit également qu’il sait prendre des notes en sténo, qu’il met en forme, à la vitesse de la lumière, tous les brouillons qu’on peut lui donner.

Même s’il n’y avait pas photo à l’arrivée, il m’avait quand même fallu expliquer, justifier en long, en large et en travers, et confirmer que « C’est vrai que Jennyyyy est vraiment supeeer, mais elle ne me semble pas convenir parfaitement à ce poooste ». Ouf ! Insoumis, on avait réussi à prendre le boutonneux !

La troisième histoire est celle de ce DRH à qui il est demandé de mettre en place un PSE, parce que « la situation économique est tellement difficile qu’on ne peut pas conserver tout notre personnel. L’entreprise doit absolument faire des économies, les actionnaires le demandent, et c’est sur la masse salariale qu’on a décidé d’agir ». Mais, ce DRH a conscience qu’un salarié n’est pas simplement un nom sur un bulletin de paye. C’est aussi une personne, elle peut être mariée, avoir des enfants, le crédit de sa maison à payer pendant encore 20 ans... Alors, non ! Même si c’est demandé, même si c’est le plus simple, ce DRH va tout tenter pour conserver son personnel : d’abord, des mises en formation en attendant la reprise de l’activité, ensuite un peu de chômage partiel. Enfin, il va convaincre l’entreprise que le vrai courage, ce n’est pas de se soumettre passivement à la loi des actionnaires ou à celle du marché, mais c’est de se battre ensemble pour trouver des solutions imaginatives et innovantes. Cette entreprise a fait preuve de solidarité et ses salariés ont accepté de baisser temporairement leur rémunération pour le bien commun. Alors, insoumis à l’autorité ?

Finalement, révolutionnaire, j’ai envie de réfléchir au courage.

Pas celui dont parlent certains DRH qui aiment tellement dire que « tant qu’on n’a pas licencié, on n’est pas un vrai DRH !5» Non ! Je pense plutôt au vrai courage, celui qui nous permet de ne pas nous soumettre aveuglément à l’autorité, celui qui nous fait puiser jusqu’à notre ultime ressource pour faire triompher nos idées et nos valeurs. C’est cet héroïsme qui permet au capitaine du navire, pris dans la tourmente, de se battre d’abord contre sa propre peur, puis contre les éléments déchaînés pour assumer la responsabilité des passagers qui sont à son bord.

Alors, chers lecteurs, vous qui êtes aux commandes du vaisseau RH de votre entreprise, même pas peur ?

En vous souhaitant beau temps et belle mer, je vous salue, amis DRH, à bientôt. D’ici là, portez-vous bien ! 

1 Milgram S., 2004 (2nde édition), Soumission à l'autorité, Calmann-Lévy.
2l... comme Icare, 1979, film de Henri Verneuil avec Yves Montand.
3L'expérience extrême, duffisée sur France 2. Les auteurs de l'expérience ont publié un livre qui reprend toute l'expérience : Nick C. & Eltchaninoff, 2010, L'expérience extrême, Don Quichotte
4 Voir le film de Marcelo Pineyro, La méthode, 2006.

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