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On ne divise plus, on multiplie !

 
 

Salutations à vous, amis DRH !

Je ne m’en étais pas rendu compte de suite. Je pensais vraiment qu’ils étaient comme moi. Mais non ! Et, il m’aura fallu deux électro-chocs pour en prendre conscience. 

Le premier, c’était un soir au McDrive. J’avais déjà commandé et j’allais payer. Une jeune fille, dont je reconnaissais la voix, me demande en souriant quel sera mon mode de règlement, tout en prenant une nouvelle commande. Je lui montre ma Visa. Elle tape le montant de mes menus et me tend l’appareil afin que je saisisse mon code. Elle est en train de remercier la personne qui vient de commander quand, soudain, son mobile sonne. C’est un texto. De sa main droite, elle commence à répondre. De la gauche, elle reprend l’appareil que je lui tends, me sourit, lève le micro de son casque avec son poignet droit, décroche le ticket et me le donne en me souhaitant un bon appétit. Elle redescend le micro de son casque devant ses lèvres et, tout en disant d’une voix enjouée : « MacDrive, bonsoir », elle termine son texto...

Le second moment est arrivé un peu plus tard dans la semaine. Je voulais faire plaisir à mon dernier fils. Il a 13 ans. J’ai accepté de faire un combat à la Wii contre lui. Je n’étais pas (vraiment) trop ridicule jusqu’au moment où ma femme est venue s’asseoir avec nous pour discuter. Mon gamin a baissé sa musique avec son coude. Il lui faisait la conversation, tout en me donnant des conseils « Appuie sur la croix, Papa, la croix ! » Quand le chien est monté sur le lit, mon fils l’a fait dégager avec son pied, tout en récoltant un méga-bonus, et en expliquant à sa mère qu’il souhaitait voir augmenter son argent de poche et « Non, Papa, le triangle, maintenant, pas la croix ! ». C’est quand ma femme m’a demandé ce que, moi, sourcils froncés et très concentré sur cette maudite partie, je pensais de cette augmentation que j’ai craqué... et perdu... et augmenté son argent de poche...

C’est là que je me suis dit qu’il y avait quand même matière à réflexion. Car, oui, cette capacité au multi-tâche est maintenant bien répandue chez les jeunes.

Et puis, forcément, à nous DRH, cette capacité à faire plusieurs choses à la fois (ou presque) pose des questions. Et, c’est peut-être notre regard sur cette jeune génération que nous devons changer ?... Ou sur nous ?

Tout d’abord, pour être vraiment précis, il n’est pas possible de faire plusieurs choses à la fois. Même chez nos ados qui font leurs devoirs, tout en écoutant de la musique, en chattant sur Facebook, et en répondant à leurs textos... Des études scientifiques montrent qu’en fait, le cerveau passe extrêmement rapidement d’une activité à une autre pour en traiter les informations, mais ne fait pas plusieurs choses en même temps.

Cette division de l’attention est une qualité importante chez les pilotes en général, et les pilotes de chasse en particulier. Ils doivent être capables de jeter un coup d’oeil aux instruments, puis de regarder dehors si leur équipier est bien en patrouille serrée, ensuite, plus loin, vers le prochain objectif, enfin un dernier regard à la météo... Et, on recommence...

La division de l’attention est également présente chez votre collaborateur préféré qui, pendant que vous effectuez votre brief du lundi matin, hoche la tête à vos propos tout en envoyant des textos. Et, bien sûr, ça vous énerve...

Dans mon journal intime, je me relis les commentaires de ces jeunes consultants que nous avions embauchés pour faire de la conduite du changement : stupéfaits par la bureaucratie ! Avec le sentiment d’être incompris. Certes, leur arrivée a causé un choc culturel : d’un côté, il y avait eux, les jeunes, avec quelques années d’expérience professionnelle, avec leur enthousiasme de professionnel débutant, fièrement BlackBerrysés, et de l’autre, des cadres supérieurs d’une quarantaine d’années, arrivés, formatés par une culture rigide, dans laquelle, lorsque le patron parle, on écoute et on prend religieusement des notes de la bonne parole.

Les premières réunions ont été source de friction. Imaginez un peu la situation : d’un côté, les cadres de l’entreprise, cahiers reliés et Montblanc, explicitant doctement leurs problématiques, de l’autre, les jeunes, ordinateurs portables et téléphones mobiles, connectés Internet, en train de prendre des notes, répondre à leur courrier urgent, terminer leurs PPT, interrompant leurs ainés en leur demandant toujours « pourquoi ? »... Je peux vous garantir qu’il a fallu à tous un temps d’adaptation... une vraie période à l’issue duquel chacun a d’ailleurs grandi, puisque les anciens se sont mis à utiliser leur iPhone en réunion pour confirmer que, si, il est possible de consulter le rapport d’activité de nos concurrents sur Internet.

Dans mon journal intime, je retrouve également les propos de cette intervenante à l’Université qui expliquait qu’il était maintenant nécessaire de s’adapter, et qu’elle ne représentait plus La Voix de la Connaissance. Fini, ce bon temps ! Pendant ses cours, ses étudiants étaient connectés sur Internet, vérifiaient et corroboraient ses propos, mais, finalement, demandaient bien autre chose que le simple Savoir. C’est ce que nous expliquent Sandra Enlart et Olivier Charbonnier dans leur dernier livre1. Faut-il encore apprendre ? Ou comment le faire ? L’information est maintenant à disposition de tous et c’est son management qui est crucial, ainsi que la manière dont elle va être traitée.

Enfin, dans un chapitre récent, le fils d’un ami me racontait, absolument sidéré, qu’il n’était pas possible d’avoir accès à son Facebook au bureau parce que la direction avait interdit l’accès aux réseaux sociaux pendant les horaires de travail. « Comme si ça nous pouvait nous faire travailler moins ! » J’ai essayé de lui expliquer que productivité et dispersion de l’attention pouvaient être antinomiques. « Mais, cette connexion au monde fait partie de nous, les jeunes, maintenant. On est constamment liés à nos amis, à notre réseau. Tout le temps. Même pendant les révisions à la FAC... Puisqu’on en parle, c’est pour ça que c’est absolument insupportable d’aller à la montagne avec les parents : il n’y a même pas de réseau 3G »   

Je crois que la question de la division de l’attention mérite d’être posée. Mais, elle mérite surtout qu’on y réfléchisse. Taylor a divisé le travail pour le rationaliser et l’optimiser. Mais, pour ce faire, il est toujours resté centré autour de la même activité. J’aurais beaucoup aimé l’emmener au McDo pour qu’il rencontre la jeune fille dont je vous ai parlé. Qu’en aurait-il dit ? 

Alors ? Et si, finalement, le monde avait changé ? Ou bien plutôt, et si l’homme avait changé ? Aujourd’hui, est-il mieux capable de diviser son attention au lieu de la disperser

Du coup, maintenant, au vingt et unième siècle, on ne divise plus. On multiplie.

Il ne nous reste plus qu’à prendre en compte cette caractéristique au quotidien. Et, comme tout changement, ce n’est pas forcément le plus simple. Surtout lorsqu’on s’aperçoit que certains sont capables de faire plus vite et mieux que nous...

En vous souhaitant de beaux moments avec vos nouveaux jeunes amis, je vous salue, amis DRH. À bientôt. D’ici là, portez-vous bien ! 

1 S. Enlart et O. Charbonnier, 2010, Faut-il encore apprendre ?, Dunod.

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