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Surtout, prends un forfait tout compris

 
 

Salutations à vous, amis DRH !

« Il faudra surtout que tu changes de forfait... »

C’est sur ces mots mystérieux que c’était fait la mobilité de Dominique... et, cela l’inquiétait quand même un peu...

Il quittait la DRH, direction qu’il connaissait bien puisqu’il y travaillait depuis une dizaine d’années, et il allait intégrer ce fameux projet SIRH, le programme phare de l’entreprise, directement rattaché au DG, puisqu’il devait permettre l’harmonisation des processus, leur implémentation, et donc, finalement, la mécanisation et la simplification de la gestion administrative du personnel. 

Dominique se plaisait beaucoup à la DRH. L’ambiance y était conviviale et tous étaient vraiment unis autour de cette mission noble, qu’est la gestion des ressources humaines. De plus, le management était centré autour du respect de l’individu. Il y existait une vraie reconnaissance existentielle : le Directeur connaissait tous ses collaborateurs. Il prenait régulièrement le temps de venir les voir, pour parler de certains dossiers, ou bien simplement pour papoter de toutes ces banalités qui font notre quotidien.

Il avait toujours un petit mot, un geste pour ses salariés, qui le lui rendaient bien par une immense fierté de travailler dans sa direction et par un investissement sans faille.

Mais, Dominique avait envie de changement. Cela dit, après 10 années, c’est compréhensible, et ce d’autant plus qu’il espérait que cette nouvelle expérience allait lui permettre de revenir à la DRH prendre un poste de chef de service.

Alors, c’était quoi, cette histoire de forfait ?

Il se doutait bien qu’il y avait quelque chose de louche, car tous les membres de l’équipe projet avaient constamment un oeil nerveux sur leur mobile qu’ils conservaient en main. Il nota également l’insistance avec laquelle l’assistante du chef de projet, ce dernier se nommait Patrick Kabon, lui demanda si, lui aussi, avait un mobile. « Oui, j’en ai un. Personnel, mais pas professionnel ». Elle lui avait souri, lui avait dit que cette différence n’était pas très importante, car, avec ses nouveaux forfaits tout compris, il n’y aurait sûrement pas de surcoût sur sa facture... « Car vous avez bien un forfait tout compris ? »

Comme il acquiesçait, elle continua : « Patrick n’aime pas parler aux gens. Il trouve que ça prend trop de temps et qu’il n’en a pas, lui, du temps. Trop de réunions, trop de cocktails, trop de déjeuners... Et puis, vous savez, ces gens qui travaillent sur les systèmes d’informations... leur rapport à l’humain... Mais, bon, je ne vous en dis pas plus, vous verrez par vous-même », lui avait-elle dit avec un sourire entendu.

Il sut qu’il était intégré à l’équipe lorsqu’il reçut son premier texto :

Bjr. Bienvenu. Gardez le tel branché, car on fait du MPT. Réunion de calage 1400. salle habituelle.

Du MPT ? Un nouveau concept ? Sûrement américain... Comme la société de conseil qui les assistait... Vraiment, ce programme SIRH était à la pointe du progrès. Il allait vraiment s’y plaire.

Dominique retourna voir l’assistante pour se faire expliquer ce qu’était le MPT.

« Le Management Par Texto... Patrick trouve qu’il est difficile de se connecter à ses collaborateurs. Ce n’est jamais le bon moment pour aller les voir, ils ne reçoivent jamais le bon message, ils l’oublient... Du coup, il a opté pour le MPT. Ça viendrait d’un livre de science-fiction sur l’intelligence artificielle qu’il aurait beaucoup aimé »

Dominique ne s’en remettait pas. Plus de directives orales, mais des SMS froids comme une barrette mémoire. On était quand même loin de l’ambiance de la DRH. « Mais, quand même, le contact humain... » Elle lui coupa la parole, car son téléphone venait de sonner : « désolé, il faut que j’y aille. Il me demande d’avancer la réunion de 14 heures. Il faut que j’informe tout le monde avant le déjeuner. Vous allez voir, vous allez vous y faire ».

Durant cette première semaine au sein de l’équipe SIRH, il apprit à ses dépens qu’on pouvait recevoir (et envoyer) des SMS partout : dans les transports en commun, dans son véhicule au feu rouge ou en roulant, le soir en buvant la tisane, en réunion, au cinéma, aux toilettes... Il s’amusa même à expérimenter diverses positions : sur un pied, la tête en bas, de la main gauche... Mais, il comprit également que la réponse devait être rapide sous peine d’être noyé sous les textos de relance.

Finalement, rapidement, la chaleur humaine de l’échange verbal lui manqua.

Quand Dominique vint me voir, complètement dépité par le MPT, j’essayais de lui remonter le moral en lui expliquant que le management est sûrement la partie la plus sensible et la plus difficile du périmètre de l’encadrant. Et, qu’en la matière, tout a été essayé !

Je ressors mon journal intime.

Je tombe tout d’abord sur un chapitre évoquant le MPH, le management par l’hélicoptère : tout d'abord, il s’agit de faire beaucoup de vent. Ça donne une impression d’activité et de mouvement. Ça ne sert pas forcément à autre chose, mais l’illusion est bien présente. Quelquefois, seul, faire illusion compte ! Et puis, il s’agit surtout de rester en hauteur, de ne jamais se frotter aux vrais problèmes du terrain, qui nécessitent une implication importante et personnelle. On peut faire un peu de vol stationnaire, histoire de montrer qu’on a conscience des difficultés de l’équipe. On peut même faire un peu de vol en basse altitude (plus de vent, plus de bruit), mais, surtout ne jamais se poser. Jamais. Sinon, on n’arriverait plus à redécoller.

Un chapitre, écrit suite à une rencontre avec une personne de l’armée de l’air, me rappelle le MLB, le management à la belge. Au sens où cette nation ne cherche pas à traduire les expressions techniques et les intègre à son vocabulaire : « Oui, nous sommes une team. Sans vous, je suis nothing. J’ai besoin d’être close to you. Et, si je suis busy, ou overbooked, any way, on reste connected par conf call. Vous ne serez jamais alone. Never and nobody ! ». 

Je me rappelle également cette rencontre avec le directeur d’une école de théâtre. Là, on avait à faire au MPC, le management par contact. Et, c’est toujours, prenant son collaborateur par le cou, qu’il lui donnait ses directives : « Bon, c’est super ce que tu fais. Très visuel. Tu incarnes un joli personnage. Bon manager. Maintenant, toujours dans cette lignée, j’aimerais que tu me mettes un peu d’ordre dans ton équipe. Peut-être genre “Full Metal Jacket”, tu sais, “chef, oui, chef” ? Bon, je te laisse la mise en scène »...

Si Dominique ne fut pas trop rassuré par mes propos, je pense que vous devez, chers lecteurs, avoir de nombreuses anecdotes sur des tentatives de management à la mode. Je crois qu’à la réflexion, il ne faut pas se perdre dans la forme et garder à l’esprit qu’il s’agit bien de s’occuper de collaborateurs qui nous ont été confiés et dont nous avons besoin pour réaliser notre mission. Et que, sans eux, nous ne sommes pas grand-chose.

Qu’il soit sportif, paternaliste, strict ou autre..., le management soit surtout rester à visage humain !

En vous souhaitant de belles relations avec vos collaborateurs, des rapports emplis de chaleur, de confiance et de respect mutuel, je vous salue, amis DRH. À bientôt. D’ici là, portez-vous bien ! 

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