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Délégation (autonomie / responsabilité)

Michel et Augustin : recette… d’un climat émotionnel positif (Partie 2/5)

27/06/2013

 
 

Dans la première partie de ce décryptage, nous avions vu comment recruter des profils dynamogènes et cultiver l’esprit « out of the box » pouvait constituer des ingrédients propres à favoriser un climat émotionnel positif. Suite de la recette : l’esprit tribal et l’écosystème favorable.

#3 - Insuffler l’esprit tribal

Au sein de l’entreprise Michel & Augustin, les employés jouissent d’une étiquette toute particulière : ce sont tous des trublions. La proximité lexicale avec le mot « tribu » est frappante. 

Il est intéressant de voir comment cet esprit tribal va concourir à alimenter la fréquence émotionnelle positive au niveau de l’organisation. 

Faire partie d’une tribu c’est comme faire partie d’une grande famille. Cela génère deux sentiments clés à savoir le sentiment d’appartenance et de sécurité. Le premier renforce l’estime de Soi. Il nous envoie un message clair qui dit en substance : « ta légitimité, ton utilité ainsi que ta valeur sont validées socialement  par un groupe de pairs ». Ce sentiment est très profond car il nous vient de loin, c’est notre fibre espèce qui résonne en nous. D’ailleurs, lorsqu’en des temps anciens un individu était banni du village, cela revêtait un caractère dramatique car le fait d’être exclu, reconnu illégitime ou indésirable, était bien souvent de très mauvais augures… 

Le sentiment d’appartenance revêt donc un caractère extrêmement important car il atteste envers l’individu qui le ressent de sa légitimité sociale. N’oublions pas que « l’homme est un animal social » et qu’à ce titre, tous les indices qui confortent sa position dans un groupe sont perçus de manière éminemment positive. En ce sens, ce sentiment clé joue un rôle de premier ordre dans la constitution d’un climat émotionnel positif. 

Insuffler l’esprit tribal, par  des actions concrètes facilement interprétables par les membres du groupe, va générer une énergie émotionnelle très contagieuse. 

Ce sentiment d’appartenance va jouer sur deux tableaux. 

Sur le plan individuel, il va donc comme nous l’avons vu augmenter le niveau d’estime des collaborateurs. Sur le plan collectif, il va souder les membres de la tribu et renforcer les liens affectifs qui peuvent exister entre eux. 

Second effet bénéfique

Faire partie d’une tribu génère un sentiment de sécurité. Un sentiment à haute valeur ajoutée ! En effet nos sociétés actuelles, malgré l’apparente opulence qu’elles affichent, se révèlent être fortement anxiogènes : journaux télévisés apposant une loupe sur les évènements négatifs, sentiment d’insécurité vécu dans les zones périurbaines, sphère d’intimité maintes fois violée aux heures de pointes dans les transports en commun etc. Nombre de situations caractéristiques de nos modes de vie modernes ont tendance à accentuer notre anxiété et à amoindrir notre sentiment de sécurité. Cela fait tellement partie de notre quotidien que nous en sommes souvent inconscients…

Intégrer une tribu et y évoluer une bonne partie de son temps constitue un excellent levier d’épanouissement personnel et professionnel. Cela vient en partie du fait que l’individu y trouve des repères stables, des valeurs qu’il partage, des personnes qu’il connait et apprend à apprécier. 

S’imprégner des énergies positives contenues au sein d’un groupe dans lequel ont se reconnait est un moyen efficace d’accroître son sentiment de sécurité. Partager une aventure collective, un pan entier de sa vie, une vision du monde avec d’autres Hommes et Femmes fournit un message émotionnel clair, facilement interprétable par tout être Humain : don’t worry, be happy !

Précisons également que ces sentiments d’appartenance et de sécurité, corolaires de l’esprit tribal, sont un formidable antidote contre le stress. 

En effet, tout comme il est difficile de ressentir simultanément de la joie et de la colère, il n’y a rien d’évident à se sentir à la fois stressé et en sécurité. Les émotions négatives ont tendance à baisser en intensité lorsqu’elles rencontrent une fréquence émotionnelle contraire. Or le stress est corrélé de manière forte au sentiment d’insécurité. C’est la raison pour laquelle insuffler un esprit tribal constitue un moyen efficace de neutraliser les tensions intra et interpersonnelles.

Témoignages de trublions :

Aurélie, responsable RH : « Comme il y a beaucoup de candidatures, cela renforce le côté élitiste et alimente la fierté d’appartenir à l’entreprise ».

« Le Process d’intégration renforce la tribu : quand une nouvelle personne noue rejoint, elle a déjà son PC, sa place et son numéro de téléphone. Tout le monde à reçu un mail au préalable pour annoncer l’arrivée de la nouvelle recrue. Le tutoiement est instauré dès le début, y compris durant la phase de recrutement, on casse les barrières ». 

« On essaye d’être parfait, on envoie un message à la pers deux jours avant son arrivée pour lui dire combien nous sommes impatient de l’accueillir ».

«  Le premier jour débute quasiment à chaque fois par un petit déjeuner d’accueil. La personne possède déjà son adresse mail, elle a même son trublion qui apparait sur le site web ! »

« Puis c’est le « welcome gouter » ou « welcome apero » au bout d’un mois : la nouvelle recrue s’enferme pendant 2h et nous cuisine ce qu’elle veut puis nous faisons un rite initiatique « question pour un trublion ». S’en suit une remise solennelle du tablier orange avec son nom brodé dessus. Ca y est, la personne fait partie de la tribu ! »

Charlotte, responsable des relations clients, partenariats et réseaux sociaux : « Quelles sources de plaisir ? Les déjeuners tous ensemble quasi quotidiens ». 

« Les fondateurs donnent beaucoup d’importance à la tribu et peuvent parfois se mettre volontairement en retrait, notamment lors des events ».

Amaury, responsable du développement commercial : « On est aussi content d’aller au travail parce qu’on va retrouver des gens qu’on aime bien ».

Nicolas, responsable du contrôle de gestion : « Beaucoup de bienveillance, pas de rivalité latente, de la transparence ».

Florian, chef de secteur : « Je me sens en sécurité parce que tout se dit et que l’on communique entre tous les services ». 

« Les évents régulier permettent de saisir tous les messages de l’entreprise, il n’y a pas de non dits ».

Amaury : « Je ne me sens pas beaucoup stressé mais lorsque cela arrive, la soupape c’est les collègues. C’est le partage qui dilue la tension ».

« Ce qui est sécurisant, c’est que l’on a à peut près tous les mêmes valeurs ».

#4 - Créer l’écosystème favorable 

Baptiser le lieu où l’on travaille « bananeraie » est loin d’être anodin. 

Notre cerveau accorde une grande importance aux mots que nous utilisons. Tout simplement parce qu’un mot est une manière d’encoder une réalité, de lui donner une signification, un sens. Le fait que les trublions aient banni l’utilisation du mot « bureau » a donc des conséquences sur la façon dont ils perçoivent leur environnement de travail. Le terme qu’ils ont choisi est coloré, fun, sympathique. Il respire les tropiques, la chaleur, l’exotisme… Créer un écosystème favorable commence par là. Bien entendu, toutes les entreprises n’auront pas autant de  latitude pour encoder leur réalité mais la démarche a l’avantage de pouvoir être répliquée dans un espace plus restreint de type unité, antenne, agence ou autre. 

Vient ensuite la notion d’espace ouvert. 

Sujet pour le moins débattu quant à savoir si le modèle est pertinent ou non, l’open space n’en demeure pas moins un lieu qui présente un avantage certain : favoriser la contagion émotionnelle. Bien entendu, si la fréquence vibratoire est négative (colère, stress, inquiétude), cela engendrera des effets indésirables. En revanche, si la population est de type profils dynamogènes, que la posture out of the box y est encouragée et que l’on y insuffle un esprit tribal, ce genre de lieu devient une formidable caisse de résonnance. Un écosystème au sein duquel les émotions et sentiments positifs tels que la joie, l’enthousiasme, l’optimisme et le rire pourront se diffuser. 

N’oublions pas que nous parlons ici de phénomènes éminemment Humains et que le facteur déterminant est donc la sympathie (dans son sens « synchronisation émotionnelle »). Nous possédons tous des neurones « miroirs » qui réagissent instantanément lorsqu’ils détectent une charge émotionnelle. C’est ce qui provoque les pleurs en cascade dans les écoles maternelles ainsi que les crises de fou rire lorsque nous sommes en présence d’une personne qui en est victime. Un lieu de travail ouvert, parce qu’il ne met aucun obstacle entre les individus, est donc par nature propice à la prolifération d’émotions positives. Il constitue un cadre adapté à l’instauration d’un climat émotionnel positif.

Saupoudrez le tout de couleurs, de petites phrases drôles et sympathiques collées à divers endroits, de pôles de convivialité (bar à biscuits) et vous obtiendrez un écosystème à la fois agréable et fonctionnel au sein duquel l’épanouissement devient possible. Bref, un lieu qui donne « la banane ». 

Témoignages de trublions :

Charlotte : « Quand on arrive, on nous donne les clés dès le premier jour ! La société nous fait confiance tout de suite, la bananeraie devient un lieu de vie dans lequel on est libre, on arrive quand on veut, on part quand on veut, même le weekend ! »

« Joggeuse régulière, on m’a dit « tu peux aller courir quand tu veux »,  j’ai trouvé ça génial ! On part vers 12h30 et on revient vers 13h30 ». 

« La bananeraie apporte de la décontraction, du bien-être, de l’efficacité, de la créativité ».

« Parfois,  quand j’ai envie de partager quelque chose, je prends le mégaphone ! »

Nicolas : « Un environnement joyeux, animé, on ne se prend pas au sérieux même si on bosse beaucoup ». 

Florian : « Le rire est l’émotion contagieuse par excellence ! »

1 Conférenciers. Auteurs de l’ouvrage « mobilisez vos ressources émotionnelles pour la réussite » à paraître aux éditions Dunod.intelligence-emotionnelle.fr

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