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Leadership

Quel manager serez-vous ?

 
 

Début de l’année coïncide avec grandes résolutions personnelles et professionnelles ; aussi je vous propose de partager cette liste de résolutions managériales, et bien entendu selon la formule consacrée : toute similitude avec des personnes existantes ou ayant existé serait purement fortuite ;-)

Un manager traditionnel

« Tous les 3 ans, les RH nous proposent un nouveau cycle pour devenir un super manager participatif, leader, inspirant, 2.0… mais franchement, depuis que je suis manager, je connais la nature humaine… et après avoir tout essayé, j’en reviens à la pratique du bâton et de la carotte. Je suis la figure paternelle qui représente l’ordre et l’autorité – ou le gendarme –, mais en tout cas je suis respecté et on m’obéit ! Bon il faut l’avouer, j’ai plus de mal avec les petits nouveaux… Mais finalement soit ils partent, soit ils deviennent comme les autres ; alors pas la peine de devenir un manger Z ! Je me sens un peu seul parfois et un peu débordé, mais c’est la rançon du pouvoir et je l’assume sans compter mes heures. »

Un manager perdu

« A dire vrai je n’étais pas fait pour devenir manager ! Moi, j’étais un spécialiste, un expert ; avec le respect des collègues pour mes connaissances et mon sérieux. Cependant on m’a expliqué que pour grimper dans la hiérarchie, je devais prendre la responsabilité d’une équipe et devenir manager… Alors, bien sûr, j’ai eu une formation de 5 jours ; mais ce n’était pas suffisant, alors on m’a proposé du coaching. Depuis, je dors moins bien ; car manager d’anciens collègues, devoir leur dire quand ça ne va pas, ou même leur donner des objectifs précis et les évaluer ensuite… c’est bien plus compliqué sur le terrain que dans les livres ou en formation. Ils sont tous des  excuses, des problèmes personnels, et je suis coincé entre la charge affective qui me relie à eux et ce que mon responsable m’a fixé comme objectif de productivité. J’essaie parfois d’être directif, ou au contraire de me mettre au même niveau qu’eux et faire preuve d’empathie ; mais un jour ça à l’air de fonctionner et puis un autre c’est la catastrophe. Je pense que je vais demander à retrouver mes anciennes fonctions, car je ne suis pas fait pour gérer les humeurs de chacun. Ma compétence, c’est de savoir gérer des problèmes techniques importants. »

Un manager épanoui

« Le management, c’est en moi ! Je suis fait pour ça depuis… tout petit ! En effet, j’ai toujours aimé prendre la tête d’un groupe, décider pour les autres, désigner qui aura quel rôle, qui fera quoi à l’école, au sport ou au travail. On me dit que je suis fait pour être leader et emmener les autres, les motiver, leur dire les bons mots pour les récompenser ou les secouer. J’atteins toujours mes objectifs et souvent je les dépasse ; alors autant vous dire que ma carrière a pris un sérieux coup de booster ces derniers temps. Après ça, la réussite, ça en gène forcément certains ; et puis le rythme que j’impose permet de sélectionner très vite les meilleurs, ceux qui en veulent vraiment, et d’écarter les moins motivés qui deviennent vite aigris. J’en connais d’ailleurs qui ont essayé de faire intervenir les syndicats, pour soit disant “non-respect des règles d’évaluations de l’entreprise”, mais j’ai vite recadré tout le monde, et en ce moment tout est redevenu très calme. »

Un slow manager

« J’ai vécu le lean management. Au début, on avait de bons résultats ; et puis au bout d’un certain moment, on a cherché à gagner du temps là où il ne restait plus rien à gagner… Les gens ont fini par craquer. J’ai été le manager stressant, oppressant, avant de devenir le manager de premier secours… et de moi-même commencer à craquer. Alors la direction a décidé de passer désormais au “slow management” : on va retrouver le temps de se parler, d’échanger, de partager, d’écouter pour mieux manager. Je n’ai pas encore vraiment compris comment on allait pouvoir atteindre les objectifs en diminuant nos cadences de travail, mais je fais toute confiance en la direction, qui a mit en place ce plan d’action avec un consultant qui a vendu des milliers d’exemplaires de son livre « Managers, ralentissez ! »

Un manager

« J’essaie de trouver le ton chaque jour et de m’adapter aux différents profils de mes équipiers. Certains aiment être rassurés et accompagnés, d’autres sont plus à l’aise avec une grande liberté d’action, une fois fixé ensemble les objectifs. Pour quelques-uns, je dois donner chaque jour des objectifs spécifiques. Sur le fond, j’essaie de maintenir une bonne cohésion, un esprit de groupe avec des réunions hebdomadaires en présentiel et le reste de la semaine des interactions sur notre espace collaboratif et social. Comme j’ai accepté le principe du télétravail pour toute mon équipe entre ½ journée et 2 jours, le support technologique est devenu indispensable pour garder notre rythme et continuer à travailler sans problème au bureau ou ailleurs. D’ailleurs, le même rôle d’animateur que je tiens lors de nos réunions, j’ai appris à le tenir en virtuel pour engager chaque personne dans nos échanges, quel que soit son âge ou ses compétences ; c’est indispensable pour consolider l’esprit d’équipe.

En revanche j’ai mis un cadre pour que ces outils ne débordent pas sur la vie privée – de façon volontaire ou non – car il est important pour chacun de vraiment déconnecter du travail pendant son repos, afin de recharger les “batteries humaines”.

On échange avec d’autres managers sur certaines difficultés rencontrées dans notre métier, qui évolue sans cesse : comment mener un entretien d’appréciation, comment accueillir un nouveau, fixer les primes… Cela nous permet de découvrir de nouveaux outils, de partager des désillusions et repartir plus fort ; ou au contraire de raconter ses succès, petits ou grands, pour se professionnaliser continuellement.

On essaie ainsi de remonter nos idées nos difficultés à la Direction et aux RH car si nous essayons de jouer au mieux la musique c’est bien eux qui écrivent la partition. Nous ne sommes qu’une partie de tout un ensemble qui forme l’entreprise avec ses valeurs, son histoire, sa culture et mode de fonctionnement. A dire vrai on doit s’adapter à la fois à notre équipe, à notre direction et au contexte pour exercer au mieux notre fonction.

Manager, c’est avant tout une relation humaine, car aucun outil, aucun process, aucune méthode ne pourra remplacer l’intérêt et le respect que nous portons à chaque membre de n,otre équipe afin de leur permettre de s’épanouir dans leur travail, ou éventuellement de les conseiller pour en changer.

Aussi je ne me reconnais pas dans tout le jargon managérial, je ne suis ni un manager minute, ni un manager 2.0 ou je ne sais pas quoi encore… Je suis moi-même, avec une fonction de manager que j’essaie chaque jour et différemment de mener à bien de façon humble et pragmatique. »

Et vous, alors, quel manager serez-vous en 2015 ?

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