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Code du travail

Quid du harcèlement sexuel au travail ?

17/09/2018

 
 

Harcèlement sexuel en entreprise : moins on en parle, mieux on se porte ?

Cinéma, transport, spectacle, politique : des plaintes pour harcèlement sexuel se multiplient et indiquent que le seuil de tolérance s’abaisse. Et les entreprises dans tout ça ? Il est beaucoup plus rare d’entendre parler d’affaires. Sphère protégée ?

Chaque mois une accusation de harcèlement sexuel éclate dans le milieu du cinéma, du spectacle, de la politique, des transports, du sport… Récemment, c’est le milieu universitaire qui a assumé ses positions en suspendant un directeur de thèse après une plainte d’une étudiante. 

De son côté, le législateur se penche sur la question du harcèlement de rue avec la volonté de verbaliser les « outrages sexistes ». Actualité brûlante : les agressions sexuelles des supportrices au moment de la célébration de la victoire des Bleus à la coupe du monde viennent ternir cette communion nationale.

Le silence assourdissant des entreprises sur le harcèlement sexuel

Et le monde de l’entreprise dans tout ça ? Silence radio ou presque… et silence des entreprises elles-mêmes sur le harcèlement sexuel en entreprise. 

Cette sphère serait-elle exempte ou du moins mieux épargnée ?

Au sein de l’entreprise, tout le monde semble mal à l’aise avec ce sujet, tant il pointe des perceptions faussement contradictoires : un quart des salariés sont déjà tombés amoureux au travail, mais faire des compliments sur sa jupe à une collègue ou l’appeler « ma cocotte » peut être taxé d’agissement sexiste. La confusion règne entre agissements sexistes, harcèlement sexuel, agression sexuelle… Résultat, personne n’ose regarder le sujet en face. 

Recherchez sur internet les mots harcèlementet entreprise. Des dizaines et des dizaines de pages vous renvoient vers des liens sur le harcèlement ………………moral …

Le monde de l’entreprise serait-il vraiment un monde à part ? Une bulle protégée ?

Pour autant, les demandes de sensibilisations auprès des managers se multiplient, assorties d’une crainte : le fait de parler du sujet serait susceptible de « créer » ou pire, de révéler des affaires qui jusqu’alors ne faisaient pas de vague.

Les dernières sensibilisations que j’ai animées auprès de managers de grands groupes ont été très instructives : au sein d’une entreprise du CAC 40, la matinale a attiré 90 % de femmes. Un salarié s’est présenté lors du tour de table comme « le harceleur » au nom des autres hommes.

Ce qui surprend le plus les participants ? Le délit de harcèlement sexuel ne trouve sa définition actuelle que fin 2012. Faut-il rappeler que ce délit avait carrément disparu début 2012 sans que cela n’émeuve grand monde ?

Harcèlement en entreprise : quelle est la limite ?

Mais la grande interrogation reste celle de la frontière : quand un client demande à une responsable communication lors de l’inauguration prévue le lendemain de mettre une robe plus décolletée : flatterie ? mauvaise blague ? remarque sexiste ? carton rouge ?

Où est donc la limite ? On ne pourrait plus plaisanter, ni faire de compliments ? Alors fini l’humour en entreprise, fini le fait de dire à une collègue qu’elle est bien coiffée ?

C’est à cette remarque que j’ai répondu à Alexandre, chef d’agence, qui participait avec tous ses homologues et sa direction à une sensibilisation. Je me suis avancée vers lui, et lui ai dit très gentiment en le regardant dans les yeux « tu es vraiment sexy avec ta petite barbe de 3 jours ». Il s’est figé. J’ai rajouté « et ton pantalon slim te va vraiment très bien ». Il a rougi. Je n’ai pas eu besoin de continuer, il a immédiatement murmuré « j’ai compris, c’est bon… ». Ses collègues étaient partagés entre hilarité et stupeur.

Tout commentaire était superflu. Chacun avait ressenti le malaise d’Alexandre : des remarques agréables, mais dans un cadre professionnel et par la personne qui détenait en tant que consultante « l’autorité légitime ».

Changer de point de vue et se mettre à la place de l’autre

Chacun a compris qu’il est nécessaire d’interroger nos comportements, en fonction du contexte et de la place d’où l’on parle et surtout se reposer la question du respect.

Pierre Desproges avait déclaré « s’il est vrai que le rire peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui, on peut rire de tout, et l'on doit rire de tout (…). ».

Rien n’empêche de rire, de draguer, de complimenter quelqu’un qui a envie de rire, d’être dragué, ou à qui cela fait plaisir d’être complimenté.

Changer de point de vue peut aider à identifier la limite : tolèrerais-tu ce même type d’agissements, de remarques, de plaisanterie à propos de ta mère, ta sœur, ta fille ? puisque 9 victimes sur 10 de harcèlement sexuel sont des femmes.

Evoquer ce sujet en entreprise évite de rendre anecdotique ce qui atteint la dignité des unes. Et différencier clairement les comportements déviants d’une infime minorité de ceux de la majorité des hommes.

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