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Les compétences à l’ère digitale #1

3/02/2020

 
 

L’importance des principes de pluralité et combinaison

Les compétences, un enjeu crucial pour les entreprises

S’il faut encore s’en convaincre, le sujet des compétences est devenu un enjeu crucial pour les entreprises depuis l’accélération, ces dernières années, de la transformation digitale. Dans son étude « Réussir la transition des compétences pour un monde digital », conduite auprès de 145 entreprises de toute taille (PME, ETI, grandes entreprises) en France, le cabinet PwC relève que 23% d’entre-elles font face à un problème d’obsolescence des compétences. Elles sont 40% à prévoir y faire face à moyen terme[1]. Une autre étude du même cabinet indique que pour 41% des dirigeants français, le déficit des compétences est le frein majeur à leur croissance[2].

Côté salarié, l’étude conduite par le HRM Digital Lab de Institut Mines-Télécom Business School[3], auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 salariés français et diffusé fin 2019, montre que 90% des salariés estiment que leur métier a été impacté par le numérique. Ils sont 61% à préciser qu’ils travaillent à développer leurs compétences professionnelles sur l’ensemble de l’année (soit tous les jours, soit quelques fois par semaine, soit quelques fois par mois ou soit quelques fois par an). Dans la même lignée, selon PwC, dans son enquête « Digital Skills » menée auprès de 22 000 salariés dans 11 pays, 77% des salariés veulent aujourd’hui acquérir des compétences ou se reconvertir. 

Evolution des types de compétences à maîtriser pour exercer un métier donné, obsolescence (voir accélération de l’obsolescence) de certaines compétences dans le temps, rareté de certains profils maîtrisant les compétences nécessaires sur le marché du travail, employabilité, constituent donc autant de défis pour les entreprises. Pour tenter d’y faire face, nombre d’entreprises travaillent en profondeur leur gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, réfléchissent/développent/implémentent des solutions de workforce planning, revoient leurs stratégies de formation et de développement des compétences, développent leurs propres CFA…

La pluralité, première clé de compréhension des compétences nécessaires à l’ère de la transformation digitale 

Une forme de consensus semble s’être installée aujourd’hui quant à l’importance des « Soft skills » et des compétences numériques à l’ère de la transformation digitale.  Sont-elles pour autant les seules compétences dont les salariés ont besoin pour effectuer leur travail ? Une partie de la seconde édition de l’étude du HRM Digital Lab, « les salariés à l’ère de la transformation digitale », déjà mentionnée précédemment, s’est intéressée à cette question. Il a été demandé à un échantillon représentatif, d’un peu plus de 1 000 salariés, de donner le degré d’importance (de « incontournable » à « pas du tout importante ») de sept compétences pour effectuer leur travail. Quatre peuvent être qualifiées de compétences génériques (compétences manuelles, compétences cognitives, compétences relationnelles (ou interpersonnelles) et compétences intra-personnelles). Les trois autres peuvent être qualifiées de compétences spécifiques. Dans ce cas, elles sont spécifiques aux évolutions et aux besoins du monde du travail d’aujourd’hui (compétences numériques, compétences créatives et compétences transformatives). Parmi ces sept compétences, trois peuvent être rangées dans la catégorie « soft skills » : les compétences relationnelles (ou interpersonnelles), les compétences intra-personnelles et les compétences créatives. Le tableau ci-dessous offre une vision plus précise des sept compétences, ce qu’elles contiennent, et comment elles ont été présentées aux répondants de l’étude. 

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Un premier classement des sept compétences a pu être effectué. Ce classement est un reflet de la nécessité d’avoir recours, ou non, aux différentes compétences. Le pourcentage de citation par les répondants repose sur la prise en compte des items suivants : « incontournable », « importante », « moyennement importante », « peu importante ». 

Le premier enseignement de ce classement est que toutes les compétences apparaissent, et que l’écart de leur nécessité tient dans un mouchoir de poche. Ainsi les compétences intra-personnelles, les plus cités, le sont par 94% des salariés. Les compétences créatives, les moins citées, le sont par 90% d’entre eux. L’écart est faible. Le deuxième enseignement est que les « softs skills » et les compétences numériques sont primordiales aux salariés pour effectuer leur travail. Les compétences intra-personnelles, relationnelles et créatives (représentatives des soft-skills dans cette étude) sont représentées, respectivement, à 94%, 93% et 90%. Les compétences manuelles, cognitives et transformatives ne sont pas en reste, avec des scores respectifs de 92%, 92% et 91%. Ce premier classement démontre l’importance de la pluralité des compétences nécessaires pour effectuer son travail.  Le graphique suivant présente le classement des sept compétences. 

 

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Classement des sept compétences « nécessaires » au travail

Pour essayer de départager ces sept compétences, un deuxième classement a été réalisé. Il représente les compétences « vraiment importantes » au travail. Dans ce classement, seuls les items de réponse « incontournables » et « importantes » sont pris en compte. Premier enseignement, l’écart entre les compétences s’agrandit mais reste relatifs. Il montre là aussi l’importance de la pluralité des compétences nécessaires pour effectuer le travail. Ainsi les compétences relationnelles se positionnent en première position à 68% et les compétences transformatives en dernière position à 49%. Les « soft skills », à travers les compétences relationnelles, intra-personnelles et créatives obtiennent les scores respectifs de 68%, 66% et 54%. Elles se positionnent respectivement en première, deuxième et cinquième position. Les compétences numériques sont en quatrième position avec un score de 60%. Les compétences cognitives, manuelles et transformatives obtiennent les scores respectifs de 60%, 54% et 49%. Elles se positionnent en troisième, cinquième et septième position. Deuxième enseignement de ce classement, les compétences les moins plébiscitées, les compétences transformatives, sont importantes pour près d’un salarié sur deux. Les compétences manuelles, souvent oubliées, et malheureusement parfois dévalorisées en France, sont également importantes pour un peu plus d’un salarié sur deux. Le graphique suivant présente ce classement.  

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Classement des sept compétences « vraiment importantes» au travail

La combinaison, deuxième clé de compréhension des compétences nécessaires à l’ère de la transformation digitale 

Une analyse qualitative, toujours conduite par le HRM Digital Lab de IMT-BS, auprès de plus de 70 salariés, exerçant des métiers dans des secteurs différents, a permis d’affiner l’analyse des compétences nécessaires à l’ère de la transformation digitale. Au-delà de la nécessité de réfléchir en termes de pluralité, l’étude montre qu’il faut également raisonner en termes de combinaison. 

Prenons le cas de Virginie. Virginie a 25 ans, elle est diplômée de CentraleSupélec. Elle travaille depuis trois ans en tant que Data scientist dans le service RH d’un assureur. Son travail consiste à conduire des études et produire des modèles d’analyse sur différentes questions RH. Les facteurs qui expliquent la performance de certains vendeurs par rapport à d’autres, les facteurs qui expliquent les risques de départ de certaines catégories de salariés, les modes d’apprentissage des vendeurs pour faire évoluer leurs compétences... Les compétences numériques, et les compétences statistiques (forme de compétences cognitives), constituent le cœur de son métier. Néanmoins Virginie a dû développer ses compétences relationnelles pour mieux interagir avec ses commanditaires internes afin de mieux comprendre leurs besoins, savoir interagir avec les différents acteurs RH de l’entreprise pour analyser les sources de données, savoir échanger avec des vendeurs pour compléter ses analyses quantitatives, savoir mieux présenter ses résultats devant un public… Elle a également dû développer ses compétences en matière de gestion des ressources humaines pour mieux comprendre ses sujets d’analyse. On a, dans ce cas, une configuration quadridimensionnelle des compétences nécessaires.

Vincent, 35 ans, est autoentrepreneur dans le domaine du bâtiment. Il intervient chez des particuliers sur des travaux de maçonnerie, plomberie, électricité (…). Les compétences manuelles constituent pour sa part le cœur de son métier. Comme pour Virginie, les compétences relationnelles sont pour lui aussi importantes. Indépendant, il doit tout assurer depuis la relation commerciale avec le client jusqu’à la négociation avec d’autres prestataires. Capacité à comprendre les besoins de son client, capacité à faire passer des messages (parfois sur l’impossibilité de réaliser des choses), capacité à négocier avec d’autres prestataires, capacité à vendre le prix de sa prestation à un client sont des exemples de compétences relationnelles qu’il se doit de maîtriser. Les compétences numériques sont également nécessaires à l’exercice de son métier mais dans une moindre mesure que les compétences manuelles et/ou relationnelles. Ces compétences sont largement moins importantes que dans le cas de Virginie dont elles étaient au cœur du métier. Dans le cas de Vincent, les compétences numériques sont périphériques et lui servent surtout dans sa gestion administrative et commerciale : savoir faire une page Facebook pour présenter ses activités de manière commerciale, savoir répondre à un e-mail, savoir échanger par message texte sur un téléphone… On a dans ce cas une configuration tridimensionnelle des compétences nécessaires.

Ces deux exemples montrent l’importance d’analyser les compétences nécessaires par métier en termes de combinaison. Comme vu également, il y a différents types de configuration de ces combinaisons. Elles peuvent être tridimensionnelles, quadridimensionnelles. L’analyse a également permis de relever des configurations pentadimensionnelles, voire hexadimensionnelles.

Pluralité, combinaison. Qu’en fait-on concrètement de manière opérationnelle ? La méthode « Combine »[4]. A suivre la semaine prochaine.


[1] https://www.pwc.fr/fr/espace-presse/communiques-de-presse/2019/novembre/...

[2] https://www.pwc.fr/fr/publications/dirigeants-et-administrateurs/global-...

[3] Deuxième édition de l’étude « Les salariés français à l’ère de la transformation digitale, téléchargeable sur : https://www.imt-bs.eu/relations-entreprises/le-livre-blanc-des-salaries-...

[4] © Emmanuel Baudoin

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