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Formation

Vous avez dit "digitalisation de la formation" ?

15/09/2020

Il ne suffit pas de digitaliser un contenu pour digitaliser une formation


Ce que nous apprend la crise du Covid 19 sur l’efficacité de la formation digitale

Formidable catalyseur de transformation, la crise que nous traversons demande aux entreprises de s’interroger sur l’évolution de leurs métiers. Alors que se pose la question de la relance de l’économie, le sujet du développement des compétences est devenu incontournable : tant pour la préservation de l’emploi que le déploiement de nouvelles stratégies industrielles, la formation a trouvé sa place dans la reprise post-Covid-19. Pourtant avec l’essor du télétravail et les règles sanitaires, les modalités des formations sont bouleversées et le développement du digital learning s’est accéléré. Cette accélération pose la question de l’impact des formations sur les salariés, ainsi que celle des ingrédients d’une formation à distance efficace.

Le confinement a bousculé les codes bien établis de la formation

Suite notamment à l’action du gouvernement à travers le renforcement du dispositif FNE, les entreprises se sont montrées volontaires dans la mise en place d’actions de formation pendant le confinement. Face à cette demande, les organismes de formation ont dû s’adapter rapidement et faire évoluer leurs catalogues vers des offres 100% digitales. Quelles ont été les effets directs ?

Se concentrer davantage sur l’essentiel :

Capter durablement l’attention lors d’une formation à distance s’avère plus compliqué qu’en présentiel. C’est pourquoi il est nécessaire de se concentrer sur l’essentiel, sans dégrader la qualité des contenus, et de faire évoluer les phases théoriques vers des phases concrètes d’expérimentation et d’intelligence collective.

Une bonne formation n’est pas exhaustive, elle est pertinente. Cette règle est d’autant plus vraie lorsqu’il s’agit de digital learning.

Faire tomber les freins existants :

La formation digitale, bien que de plus en plus répandue, peinait encore à se ménager une place de premier ordre dans le secteur. En 2017, encore 52% des organismes de formation ne réalisaient aucun chiffre d’affaires en formation digitale[1]. En cause de nombreux freins à l’adoption de cette nouvelle pratique.

En effet, la vague d’enthousiasme des années 2000 autour de la formation en ligne avait laissé de nombreux professionnels du secteur avec une forte méfiance (souvent justifiée !). Pourtant, avec le confinement, le secteur n’a pas eu le choix, et de nombreux acteurs ont su se distinguer par leurs innovations. 

Mettre en avant les innovations du secteur  

En effet, les dernières années ont vu se développer une multitude de nouveaux acteurs et usages, notamment à travers l’essor de la filière EdTech : Blended Learning, SPOC, Serious Games, Réalité Virtuelle, Classe inversée, Coaching à distance, Microlearning… Toutes ces modalités qui étaient encore récemment méconnues se démocratisent progressivement et leur usage se généralise.

Ne pas sacrifier la pédagogie sur l’autel du distanciel :

Si ces évolutions sont enthousiasmantes et porteuses de promesses pour le développement du secteur de la formation à distance, il est pourtant important de rappeler que le présentiel n’est ni une solution miracle ni une dérive à craindre, ce n’est qu’une modalité qui doit être mise au service d’un projet pédagogique défini avec précision. La réussite d’une formation passera d’abord par la qualité du projet pédagogique, puis par l’adéquation entre ce projet, la modalité choisie et le contenu.

Digitaliser un contenu ne digitalise pas une formation :

C’est pourquoi digitaliser une formation ne se résume pas à digitaliser un contenu. Une bonne transposition nécessite de remonter à la racine de l’objectif pédagogique pour se poser la question suivante : « Compte tenu des objectifs d’apprentissage et de cette contrainte du distanciel, quelles sont les modalités que je mets en place et comment adapter mon contenu en fonction ? »

Ainsi, la mise en place d’une politique de digital learning ne se limite pas à l’installation d’outils ou la transposition d’anciennes formations à distance. On ne fait pas un coaching de la même manière en présentiel ou à distance. La technologie à elle seule n’est pas suffisante, la question est celle de l’usage et de la pertinence pédagogique.

L’innovation technologique doit être au service de l’innovation pédagogique :

Une innovation pédagogique est liée à la manière d’acquérir de nouveaux savoir-faire ou savoir-être. Dans le domaine de l’éducation et de la formation, l’innovation technologique, elle, est au service de l’apprentissage et vient donc accélérer le développement d’une innovation pédagogique. Dans cette logique, la technologie doit donc être considérée comme un catalyseur qui accélère l’évolution des manières d’apprendre, et non comme un précurseur qui impose des évolutions.

Lorsque l’on étudie les 3 principales innovations pédagogiques des dernières années, on voit comment la technologie a favorisé l’interactivité et l’apprentissage collectif (MOOC…), l’individualisation du rythme d’apprentissage (adaptative learning, machine learning...), la flexibilité du temps d’apprentissage (micro-learning, mobile-learning, …)

Pour aller plus loin : Formation professionnelle : beaucoup d’innovations, pas (encore) de révolution. 

L’important ce n’est pas le contenu, c’est la manière de transmettre

Il n’a jamais été aussi facile de trouver de la connaissance : articles, podcasts, vidéos, tutoriels, MOOCs… Pourtant, cette profusion d’information n’assure pas la maîtrise des compétences. Le rôle du formateur est de donner sens et structure à cette information facilement accessible et de l’intégrer à un processus pédagogique adapté qui aboutisse à un apprentissage rapide et durable. 

C’est pourquoi il convient de se méfier des catalogues exhaustifs proposés par plusieurs solutions de LMS. L’exhaustivité n’est pas une innovation pédagogique. 

Livre blanc sur le sujet : 15 experts partagent leur vision du futur de la formation professionnelle 

Les clés d’une formation digitale efficace :

Favoriser l’expérimentation :

L’action a de nombreuses vertus : ancrer l’apprentissage mais également stimuler l’attention. Il a été prouvé que l’on apprend mieux en s’amusant, en expérimentant. C’est pourquoi privilégier des approches qui mettent à contribution les participants, via notamment des serious games, des mises en pratique, etc. permet de maximiser l’efficacité d’une formation à distance.

Favoriser la communication entre participants :

Au-delà de l’action, la verbalisation est un élément important (on retient en moyenne 80% de ce qu’on dit et 10% de ce qu’on lit). Partager avec d’autres participants lors d’une formation digitale permet de formuler et conceptualiser ses idées, mais aussi de les confronter, les enrichir et les affiner par l’échange. Une formation à distance se doit de prendre en compte cet élément et permettre des espaces de dialogue.

Permettre à chaque participant d’arriver avec un projet de formation :

Il est plus facile d’apprendre quand on a un objectif. Cela peut être lié à l’évolution d’un poste, un projet professionnel, etc. L’objectif permet d’ancrer la formation dans la réalité. Comprendre le sens concret de la formation permet non seulement d’augmenter la motivation mais également d’accélérer l’apprentissage car ce dernier est orienté vers une mise en pratique.

Trop de formations omettent de laisser l’espace aux participants pour construire et formuler ces objectifs, c’est pourtant un moyen clé de les responsabiliser et les inclure dans l’enjeu de réussite de la formation.

Pour aller plus loin : les 7 secrets d’une formation efficace.


[1] Observatoire prospectif des métiers et des qualifications de la branche des organismes de formation privés – Janvier 2017

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