Peut-on encore parler de marque employeur?
De l’origine d’un buzzword…
Le terme de marque employeur apparaît dans les années 1990, à une époque où les entreprises prennent conscience de l’impact de l'image qu'elles véhiculent sur leur capacité à attirer les talents. L’objectif était simple : construire une réputation positive en mettant en avant des valeurs, une culture d'entreprise, et des opportunités de carrière afin de se démarquer dans un marché très compétitif.
Dans les années 2000, avec l’essor du marketing digital et des réseaux sociaux, la marque employeur devient un outil de communication à part entière. Les campagnes de recrutement se multiplient, basées sur des visuels séduisants : des bureaux modernes, des équipes souriantes, des avantages en nature… Mais en réalité, l'engagement des entreprises vis-à-vis de la qualité de vie au travail n'évolue que lentement.
…à sa déconnexion avec la réalité
En se concentrant plus sur le marketing que sur des actions concrètes, la marque employeur devient souvent un buzzword déconnecté des attentes des candidats. En 2022, les recherches sur le terme “marque employeur” ont diminué de moitié selon Google Trends, illustrant une perte de sens et d'intérêt pour ce concept.
Le babyfoot ne fait plus recette : les candidats exigent désormais que les valeurs de l’entreprise soient incarnées dans les faits, et pas seulement dans un discours marketing. Ils veulent surtout des preuves tangibles, une authenticité dans les engagements, et une réflexion réelle sur le sens du travail.
4 pistes pour une marque employeur authentique et engagée
1. Misez sur la transparence des salaires
Le salaire reste le premier critère de choix d’un emploi. Pas étonnant dans ce contexte que le manque de transparence salariale dans les offres d’emploi crée une frustration parmi les candidats ! Selon une étude menée par Jobs that makesense en septembre 2025, 55 % des candidats estiment que la priorité n°1 pour améliorer les offres est d’afficher le salaire. Alors n’attendez pas que cela devienne obligatoire en juin 2026 ! D’ailleurs, communiquer sur les salaires en amont vous permet de gagner du temps dans vos recrutements, et d’obtenir plus de candidatures : les annonces avec un salaire renseigné génèrent 31% de candidatures en plus par rapport à celles qui ne le font pas, selon une analyse de plus de 16 000 annonces publiées sur la plateforme Jobs that makesense.
2. Prouvez l’engagement réel de votre entreprise
Inutile de tenter de sur-vendre vos engagements, vous ne feriez qu’y perdre des plumes. Selon l’étude citée plus haut, 68,3 % des candidats se renseignent sur les engagements réels de l’entreprise avant de passer un entretien. Vous avez d’ailleurs tout intérêt à rendre lisibles votre impact et vos actions en faveur de l’environnement et la société. Les entreprises qui montrent la réalité de leurs engagements reçoivent en moyenne beaucoup plus de candidatures : +46% pour les entreprises à mission, +29% pour celles qui se sont dotées d’une étude impact, et +24% pour celles dont l’engagement est reconnu ou certifié par des tiers.
3. Soyez authentiques : ciao le babyfoot, bonjour les témoignages sincères
L’ère des belles photos de séminaire à Dubaï avec visages souriants un brun artificielles est désormais révolue. Selon notre étude, 35% des candidats souhaitent voir davantage de témoignages authentiques de salariés ou de bénéficiaires, contre seulement 20% pour les visuels liés à l’environnement de travail. Passez donc moins de temps à régler le niveau de luminosité de votre appareil photo, et plus à choisir les collaborateurs qui sauront trouver les bons mots, les leurs, sincères, pour dire la réalité de la vie dans votre entreprise !
4. Ne cédez pas au retour en arrière sur le télétravail
La flexibilité au travail, notamment la possibilité de faire du télétravail, n'est plus un simple avantage mais un critère incontournable pour les candidats. L’analyse des annonces postées sur Jobs that makesense révèle que les entreprises qui refusent le télétravail (alors qu'il est possible dans le cadre du poste) reçoivent 2,3 fois moins de candidatures que celles qui l’autorisent. L'équilibre vie professionnelle-vie personnelle est désormais un critère décisif pour beaucoup de candidats. Les entreprises qui n’offrent pas de flexibilité risquent de se couper de talents précieux.
La marque employeur telle qu’on l’a connue dans les années 2000 est en train de se transformer. Les candidats ne se contentent plus de promesses marketing. Ils attendent de l'authenticité, de la transparence et des actions concrètes. Les entreprises qui sauront répondre à ces attentes réussiront à se démarquer et à attirer les meilleurs talents.
