Confiance en soi : un enjeu pro, un chemin perso
1/ Une galaxie dans notre for intérieur : estime, confiance, affirmation.
La confiance et l'estime de soi sont au cœur de ce qu'il y a de plus intime en nous. Nous seuls "savons". Nous seuls connaissons réellement nos blessures, nos doutes et nos fiertés.
Un cadre m’a dit récemment :"Que faire quand on pense qu'on est un fardeau pour les autres ?" Voilà un cas extrême de manque d'estime de soi : ne s'accorder aucune valeur, se percevoir comme un boulet, une gêne, une source de problèmes. Ce regard dur sur sa propre valeur est une vraie souffrance.
Une souffrance qui mérite clairement un accompagnement.
L’estime de soi, c’est la valeur qu’on s’accorde en tant que personne. C’est profond, global, souvent silencieux. Elle répond à la question : "Est-ce que je pense que je vaux quelque chose ?" La confiance en soi, elle, touche à l’action. Elle répond à : "Est-ce que je pense que je suis capable ?" C’est plus mobile, plus dépendant des situations, des expériences, des contextes.
Et puis il y a cette projection vers l'extérieur : l’affirmation de soi. Ce qu’on montre, ce qu’on dit, ce qu’on ose exprimer. C’est la capacité à dire "voilà ce que je ressens, ce que je pense, ce dont j’ai besoin", sans écraser l’autre, mais sans s'aplatir non plus. C’est ce qui permet à l’estime et à la confiance de prendre une forme concrète dans nos échanges quotidiens. Pas de manière agressive, pas en s’imposant : juste en se faisant respecter.
Ces trois dimensions se nourrissent l’une l’autre. Quand l’une grandit, les autres suivent.
2 / Avoir confiance ... ou pas : ce que ça change vraiment
Dans le monde du travail d’aujourd’hui — rapide, mouvant, exigeant — la confiance est un atout précieux.
Elle permet de s’adapter, de décider, de collaborer, de se positionner…
La confiance en soi est une ressource, un carburant, un levier.
Avec elle le quotidien est plus valorisant :
- Oser prendre la parole, même quand ce n’est pas simple.
- Proposer des idées, même si elles ne sont pas parfaites.
- Avancer, même avec un peu de doute.
- Savoir dire non, poser ses limites, exprimer ses besoins.
Mais enlevez la confiance et il reste le doute. Lui et lui seul, qui prend tout l'espace et vous bouffe la vie, la tête et le cœur.
Le doute apporte une sensation de fragilité permanente. L’insécurité devient un fond sonore. Et ce n’est pas uniquement une question de ressenti : cela affecte directement notre capacité à agir. On vit en mode "frein à main serré".
Des mails non envoyés. Des idées retenues. Des réunions où l’on fait tapisserie. Des promotions qu'on ne demande pas. Des formations qui nous passent sous le nez. Des dossiers que l'on accepte la mort dans l'âme. Des décisions qui attendent. Des comparaisons blessantes.
Du stress ... tant et tant de stress ...
3/ Reconstruire une confiance solide, pas à pas
La confiance n’est pas un trait de caractère figé. Elle se travaille. Elle se (re)construit. Et ce qu’on fait dans sa vie perso alimente notre état d'esprit global :
- Se remettre au sport et voir son corps évoluer.
- Apprendre une nouvelle compétence, même sans lien avec le travail.
- Prendre soin de ses relations, poser des limites, affirmer ses besoins.
- Réussir à dire "non" sans culpabiliser.
Ces petites victoires dans la sphère privée créent des ancrages profonds. Elles montrent qu’on peut se faire confiance. Et cette confiance-là, on la ramène avec nous au travail.
Voici des actions simples, accessibles, à tester dès cette semaine :
Le carnet des réussites
Chaque soir, noter 2 ou 3 choses qu’on a réussies, même minimes. Cela entraîne le cerveau à repérer ce qui va bien au lieu de ruminer ce qui coince.
La mini-zone d’inconfort
Choisir chaque semaine une petite action un peu inconfortable (parler en réunion, demander un feedback, prendre la parole dans un groupe). Le but ? S’habituer à ne pas fuir le doute. Se démontrer que l'on a des capacités.
L’allié de confiance
Identifier une personne avec qui parler librement de ses doutes, ses envies, ses hésitations. Être écouté sans jugement fait un bien fou — et renforce l’estime de soi. A cette personne, on peut aussi demander un feedback sincère, à la fois sur nos questionnements et sur nos réalisations.
Retrouver du contrôle
Recréer un sentiment de maîtrise sur sa vie, ses choix ou ses émotions, même lorsque les circonstances sont incertaines ou défavorables. Par exemple, planifier sa journée ou sa semaine, se donner des micro-objectifs, organiser son espace de bureau à son goût, oser dire "non" et exprimer ses besoins personnels et ses priorités.
Les rituels quotidiens
Les routines rassurent et stabilisent. Elles agissent comme des "réducteurs d’incertitude". Par exemple : faire son lit d'une certaine manière, pratiquer des exercices de respiration dans l'ascenseur, choisir systématiquement l'escalier au lieu de l'ascenseur, arrêter les écrans 30 minutes avant le coucher et prendre le temps de noter une réussite du jour, s'endormir en pensant à ce qui va être plaisant le lendemain ...
Les micro-objectifs journaliers
Des petites actions concrètes, réalisables en une journée, pour instaurer un sentiment de progression, d’autonomie et de cohérence personnelle. Exemple : marcher 5 minutes de plus qu'hier, ranger un coin de sa chambre, préparer un repas équilibré, lire une page d’un livre qui inspire, noter une qualité qu’on aimerait développer ...
Confiance et sécurité intérieure : un investissement discret mais stratégique
Travailler sa confiance, ce n’est pas un luxe.
C’est un investissement intérieur, discret, mais profondément stratégique.
C’est un espace à soi, à habiter selon ses propres règles.
Dans un monde instable, la vraie sécurité ne vient pas de l’extérieur.
Elle naît du regard plus lucide, plus juste qu’on apprend à porter sur soi-même et sur sa capacité à se saisir de l'avenir.
Et à partir de là, on peut agir, s’affirmer, construire.
C’est discret, mais c’est puissant.
