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RSE et bien-être au travail

Fin de l'écrêtement OETH

Fin de l'écrêtement OETH

Pourquoi cette évolution peut augmenter la contribution des entreprises de 20 salariés et plus

La suppression du mécanisme d'écrêtement constitue l'une des dernières étapes de la réforme de l'Obligation d'Emploi des Travailleurs Handicapés (OETH). Si cette évolution ne modifie ni le quota légal de 6 % ni les règles fondamentales de l'OETH, elle peut entraîner une hausse sensible de la contribution pour certaines entreprises. Comprendre les nouvelles modalités de calcul est désormais indispensable pour anticiper sa déclaration annuelle et sécuriser sa conformité.

Réforme OETH : la période transitoire est terminée

L'Obligation d'Emploi des Travailleurs Handicapés (OETH) impose aux employeurs d'au moins vingt salariés d'employer des bénéficiaires de l'obligation d'emploi à hauteur de 6 % de leur effectif d'assujettissement ou, lorsque cet objectif n'est pas atteint, de verser une contribution annuelle.

Depuis la réforme engagée en 2020, les modalités déclaratives ont été profondément modernisées. Les entreprises effectuent désormais leur déclaration via la Déclaration Sociale Nominative (DSN), tandis que le recouvrement est assuré par l'URSSAF ou la Mutualité Sociale Agricole.

Afin d'accompagner cette réforme, un mécanisme d'écrêtement avait été instauré. Son objectif était d'éviter qu'un trop grand nombre d'entreprises ne subissent immédiatement une augmentation importante de leur contribution.

Ce dispositif était toutefois temporaire. Sa suppression marque aujourd'hui l'entrée dans la phase définitive de la réforme.

Fin de l'écrêtement : pourquoi certaines entreprises paieront davantage

La disparition de l'écrêtement ne crée pas une nouvelle contribution et ne remet pas en cause le principe de l'Obligation d'Emploi des Travailleurs Handicapés.

En revanche, elle met fin au mécanisme qui limitait progressivement les augmentations de contribution.

Les entreprises concernées sont désormais soumises au calcul de droit commun. Pour certaines d'entre elles, cette évolution peut représenter plusieurs milliers d'euros supplémentaires par rapport aux montants acquittés durant la période transitoire.

Cette hausse ne résulte donc pas d'une nouvelle réglementation, mais de l'application intégrale des dispositions prévues lors de la réforme.

Contribution OETH : comment est-elle calculée?

Le montant de la contribution dépend principalement du nombre de bénéficiaires de l'obligation d'emploi manquants pour atteindre le quota de 6 %, du coefficient applicable selon l'effectif de l'entreprise ainsi que du montant du SMIC horaire.

Les coefficients réglementaires sont actuellement fixés à :

  • 400 pour les entreprises de 20 à moins de 250 salariés ;
  • 500 pour les entreprises de 250 à moins de 750 salariés ;
  • 600 pour les entreprises de 750 salariés et plus.

À partir de cette contribution brute peuvent ensuite être appliquées les déductions prévues par la réglementation lorsque les conditions sont réunies.

Chaque entreprise présente ainsi une situation particulière qui nécessite une analyse de ses données déclaratives.

Déclaration OETH : une anticipation devenue indispensable

La déclaration annuelle réalisée via la DSN ne consiste pas uniquement à renseigner un montant.

Elle repose sur des informations qui doivent être préparées tout au long de l'année : effectif d'assujettissement, bénéficiaires de l'obligation d'emploi, dépenses déductibles, justificatifs réglementaires et données sociales transmises à l'URSSAF.

Une erreur ou une omission peut avoir une incidence directe sur le montant de la contribution.

Dans ce contexte, la suppression de l'écrêtement renforce l'intérêt d'une préparation anticipée afin de sécuriser les données déclarées et d'éviter toute mauvaise surprise lors de la campagne déclarative.

Dépenses déductibles et solutions prévues par la réglementation

Le Code du travail prévoit plusieurs dispositifs permettant, sous certaines conditions, de réduire le montant de la contribution OETH.

Ces mécanismes concernent notamment certaines dépenses déductibles ainsi que les contrats conclus avec les entreprises adaptées (EA), les établissements ou services d'aide par le travail (ESAT) et les travailleurs indépendants handicapés (TIH).

Chaque dispositif répond à des règles précises de calcul, de plafonnement et de justification. Une bonne connaissance de ces dispositions permet aux entreprises d'appliquer correctement la réglementation et de sécuriser leur déclaration.

Sur-contribution OETH : un enjeu souvent méconnu

Au-delà de la contribution annuelle, la réglementation prévoit également un mécanisme de sur-contribution applicable dans certaines situations.

Une entreprise qui, pendant plusieurs années consécutives, ne met en œuvre aucune des actions prévues par le Code du travail en faveur de l'emploi des travailleurs handicapés peut être soumise à une contribution majorée. Ce dispositif a pour objectif d'encourager les employeurs à développer une politique active d'inclusion plutôt que de se limiter au versement d'une contribution financière.

Pour les entreprises concernées, cette majoration peut représenter un coût significatif. Il est donc recommandé d'évaluer régulièrement sa situation et de ne pas attendre la campagne déclarative pour engager les démarches nécessaires.

L'emploi direct reste au cœur de la réforme

Si la réglementation prévoit différents mécanismes de réduction de la contribution, l'emploi direct demeure le principal levier retenu par le législateur.

L'intégration durable de travailleurs handicapés contribue non seulement au respect des obligations légales, mais également au développement d'une politique de ressources humaines inclusive et à la valorisation des compétences au sein de l'entreprise.

Toutefois, les réalités économiques, les difficultés de recrutement ou les spécificités de certains métiers peuvent rendre cet objectif complexe à atteindre. C'est pourquoi le Code du travail prévoit également plusieurs dispositifs complémentaires permettant aux employeurs de répondre à leurs obligations dans un cadre sécurisé.

Pourquoi anticiper sa déclaration OETH ?

La suppression de l'écrêtement rappelle que la déclaration annuelle ne doit pas être préparée dans l'urgence.

Une vérification anticipée permet notamment de contrôler l'effectif d'assujettissement retenu par l'URSSAF, de vérifier les bénéficiaires de l'obligation d'emploi déclarés, d'identifier les dépenses déductibles et de s'assurer que l'ensemble des justificatifs nécessaires est disponible.

Cette démarche permet également d'estimer le montant de la contribution avant la déclaration annuelle et d'identifier d'éventuelles anomalies pouvant être corrigées en amont.

L'anticipation constitue aujourd'hui l'un des meilleurs moyens de sécuriser sa conformité réglementaire et de limiter les risques d'erreur.

Une réforme qui appelle à une vigilance accrue

La fin de l'écrêtement marque l'achèvement de la réforme de l'Obligation d'Emploi des Travailleurs Handicapés.

Pour de nombreuses entreprises, cette évolution constitue un changement majeur, car les effets du calcul de droit commun sont désormais pleinement applicables.

Elle rappelle également que la contribution OETH ne doit pas être appréhendée uniquement comme une obligation financière. Elle s'inscrit dans une politique plus globale d'inclusion, d'emploi et de maintien dans l'emploi des personnes en situation de handicap.

Une bonne connaissance de la réglementation, associée à une préparation rigoureuse de la déclaration réalisée via la Déclaration Sociale Nominative (DSN), permet aux employeurs de mieux maîtriser leurs obligations et d'anticiper les conséquences financières de la réforme.

Conclusion

La suppression du mécanisme d'écrêtement constitue l'une des évolutions les plus importantes intervenues depuis la réforme de l'OETH. Désormais pleinement applicable, elle invite les entreprises de 20 salariés et plus à porter une attention particulière au calcul de leur contribution, à la qualité des données déclarées dans la DSN ainsi qu'aux différents dispositifs prévus par la réglementation.

Dans un contexte où les règles évoluent régulièrement, une veille juridique et une anticipation suffisante demeurent les meilleurs moyens de sécuriser sa déclaration et de maîtriser le montant de la contribution due au titre de l'Obligation d'Emploi des Travailleurs Handicapés.

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