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RSE et bien-être au travail

Orientation, transmission et care management

Care management

Pourquoi l’avenir du travail se joue dans la rencontre

Dans un contexte où les entreprises peinent à recruter, fidéliser et engager durablement leurs talents, une conviction s’impose : la performance ne peut plus être dissociée du care. Longtemps cantonné aux enjeux de qualité de vie au travail ou de bien-être individuel, le care management devient aujourd’hui une véritable stratégie de transformation des organisations.

Comme le souligne Emilie Korchia, CEO de My Job Glasses, il ne s’agit plus seulement de « prendre soin » au sens classique du terme, mais de repenser la manière dont nous construisons les trajectoires professionnelles, les liens interpersonnels et l’utilité collective.

Le care management repose sur une idée simple mais puissante : comment prendre soin de soi pour mieux prendre soin des autres, de ses équipes, de ses clients, de l’environnement, et plus largement de la société. Ce n’est pas un sujet périphérique. C’est un sujet de gouvernance.

Une urgence économique avant d’être un sujet RH

La France fait face à une pénurie massive de compétences. Selon France Travail, près de 61 % des recrutements sont jugés difficiles en 2025, notamment dans l’industrie, la santé, le numérique, la maintenance, les métiers techniques et les services à la personne. Dans certains secteurs stratégiques comme la défense, l’énergie ou l’industrie ferroviaire, les carnets de commandes sont pleins mais les entreprises manquent de techniciens, d’opérateurs et de profils qualifiés.

Le sujet n’est donc plus seulement RH : il devient économique, industriel et sociétal. Emilie Korchia le résume ainsi : nous avons longtemps raisonné en définissant des postes avant de chercher les personnes. Il faut désormais inverser la logique : rendre visibles les métiers, créer des rencontres, et laisser l’intelligence collective façonner le travail de demain. C’est précisément la mission de My Job Glasses : permettre à chacun d’accéder à la bonne rencontre professionnelle, celle qui peut changer une trajectoire de vie.

La belle rencontre comme levier d’égalité des chances

Un constat traverse toutes les générations : on ne va que vers les métiers que l’on connaît. Or ce que l’on connaît est souvent limité à son environnement familial, social ou culturel. Ce mécanisme de reproduction de l’entre-soi freine l’égalité des chances, la mixité des métiers et la mobilité sociale.

La réponse de My Job Glasses est simple : démocratiser l’accès à la rencontre. Avec plus de 82 000 professionnels ambassadeurs issus de tous les secteurs, l’entreprise permet à des étudiants, demandeurs d’emploi, personnes en reconversion ou collaborateurs internes d’échanger directement avec celles et ceux qui exercent réellement les métiers.

Pas de discours marketing. Pas de storytelling artificiel. Mais une parole authentique sur la réalité du travail : ses opportunités, ses contraintes, ses exigences. Cette approche change profondément la logique de l’orientation. On ne choisit plus un métier sur une fiche de poste ou un fantasme, mais à travers une confrontation au réel. Combien de reconversions échouent faute d’avoir parlé à ceux qui vivent réellement le métier ? Combien de talents renoncent à des secteurs entiers simplement parce qu’ils n’y ont jamais été exposés ?

Le care management commence par celui qui transmet

L’une des dimensions les plus puissantes du modèle réside dans ce qu’il produit chez l’ambassadeur lui-même. Beaucoup s’inscrivent pour aider. Ils découvrent qu’ils reçoivent autant qu’ils transmettent. Partager son parcours, raconter ses choix, expliquer ses difficultés et ses réussites agit comme un miroir professionnel. Cela renforce l’estime de soi, redonne du sens, améliore la confiance en soi et développe l’aisance relationnelle.

Chez certains ambassadeurs, cet effet devient même un levier de carrière. L’un d’eux expliquait récemment qu’après plus de 400 rendez-vous réalisés sur la plateforme, il s’était découvert beaucoup plus à l’aise dans ses entretiens de direction et dans sa propre recherche d’emploi.

Le care management est là : dans cette capacité à restaurer la valeur perçue de chacun. Prendre soin des autres devient une manière de se reconnecter à sa propre utilité. Dans un monde du travail où le sentiment d’inutilité devient l’un des premiers facteurs de désengagement, cette dynamique est stratégique.

Selon Gallup, seulement 23 % des salariés dans le monde se déclarent réellement engagés dans leur travail. Le manque de sens et de reconnaissance figure parmi les premières causes de désengagement.

Diversité, inclusion et orientation : un même combat

Le care management irrigue également les enjeux de diversité et d’inclusion. Pendant longtemps, les politiques inclusion se sont construites en silos : égalité femmes-hommes, handicap, seniors, diversité sociale, LGBTQ+, etc. Aujourd’hui, une approche plus transversale émerge : celle de la représentation et de la projection.

On ne devient pas ce que l’on ne voit pas. Une jeune fille se projette davantage dans un métier technique si elle rencontre une femme qui l’exerce. Une personne en situation de handicap ose davantage candidater si elle peut échanger avec un salarié confronté aux mêmes réalités. Une future militaire rassure sa famille lorsqu’une ambassadrice peut répondre aux questions concrètes que personne n’aborde.

Le care devient alors un accélérateur d’inclusion. Non pas par injonction, mais par identification. C’est ce qui rend le modèle particulièrement puissant : il ne travaille pas sur la communication institutionnelle mais sur la preuve vivante.

Du mentoring à la stratégie d’entreprise

Ce que révèle My Job Glasses, c’est que l’orientation n’est pas seulement un sujet jeunesse. C’est un outil de transformation des entreprises. En version interne, la plateforme permet de développer la mobilité, l’onboarding, la détection des hauts potentiels, la transmission intergénérationnelle et la rétention des talents. Autrement dit : elle transforme un outil d’orientation en levier de management.

Et c’est ici que la vision rejoint pleinement le care management : sortir d’un modèle descendant où la stratégie se décide en haut pour la faire émerger du collectif. Les collaborateurs deviennent acteurs de la transmission, de la visibilité des métiers et de la dynamique de l’entreprise. Ils ne sont plus seulement des exécutants mais des ambassadeurs de sens. Cette logique répond à une attente forte des nouvelles générations : contribuer à quelque chose de plus grand que soi.

Le care comme nouveau pilier de la performance

Demain, au même titre qu’il existe une direction des ressources humaines, il existera une véritable stratégie de care management. Elle intégrera la RSE, l’inclusion, la transformation organisationnelle, l’engagement collaborateur et l’innovation humaine.

Le sujet n’est pas cosmétique. Il est structurel. Dans un monde où l’intelligence artificielle accélère tout, la valeur différenciante reste profondément humaine : la relation, la transmission, la confiance, l’attention portée à l’autre. Comme le rappelle Emilie Korchia, il ne s’agit pas d’opposer technologie et humanité, mais de réinvestir l’intelligence humaine au moment même où l’IA se développe massivement.

Le futur du travail ne sera pas seulement technologique. Il sera relationnel. Et peut-être que la plus grande innovation RH de demain ne sera pas un nouvel outil, mais la capacité retrouvée à créer les bonnes rencontres.

Parce qu’une belle rencontre peut changer une vie. Et parfois, elle peut aussi transformer une entreprise entière.

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