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Performance et évolution

Le DRH, la confiance en soi et les soft skills !

La confiance en soi

« Jamais je ne voudrais faire partie d’un club qui accepterait de m’avoir pour membre. » Groucho Marx[1]

Cet aphorisme sous la forme d’une antiphrase aussi paradoxale qu’ironique permet à ce célèbre membre des Marx Brothers[2] de se dévaloriser tout en critiquant le club. Les personnes qui sont à la recherche de la confiance en eux ou qui l’on vu disparaitre n’ont pas à leur disposition cette capacité d’expression.

Elles sont à la recherche de la capacité à croire en leurs propres valeurs, en leurs compétences et en leur capacité à faire face aux situations de la vie. C’est une forme d’assurance intérieure qui permet d’agir, de décider et d’avancer sans être paralysé par la peur de l’échec ou le regard des autres.

En un mot se sentir capable d’essayer, d’apprendre, de se relever, d’être le meilleur de soi-même cela porte un nom : l’assertivité[3].

La confiance en soi et les soft skills oui, mais quoi ?

« J’accepte la grande aventure d’être moi » Simone de Beauvoir[4].

Pour comprendre le fonctionnement de l’assertivité chez un individu il convient de procéder à l’autopsie du manque confiance en soi. Selon Kant[5] la confiance est une croyance hybride qui rassemble des valeurs subjectives telles que la conviction personnelle, le ressenti, la foi et des valeurs objectives comme les preuves, la cohérence, les faits établis. Les instruments d’investigation en pareil circonstances sont pour les valeurs subjectives les effets nocébo et les effets placébo. En ce qui concerne les valeurs objectives c’est la démarche de la Thérapie Cognitivo Comportementale dite TCC.

Les effets nocebo du latin nocebo « je nuirai » désigne un phénomène psychologique et physiologique où des attentes négatives entraînent l’apparition de symptômes indésirables en l’absence d’action réelle. La personne s’attend à vivre des effets, elle en ressent la puissance dévastatrice, c’est la base du manque de confiance en soi.

L’exemple du jeune homme de 26 ans qui participe à un essai clinique sur un antidépresseur est probant. Il vit une rupture amoureuse et décide de se suicider en avalant une trentaine de comprimés du médicament à sa disposition pour le test auquel il participait. Transporté à l’hôpital dans un état critique avéré, de type urgence absolue, les médecins n’arrivent pas à le traiter par les protocoles intensifs usuels, son état demeure critique. En désespoir de cause le responsable des essais clinique du laboratoire intervient pour informer le jeune homme dépressif qu’il a ingéré un médicament sans principes actifs. Il fait partie du test avec le médicament neutre pour le comparer aux autres patients qui eux prennent le médicament avec le principe actif. Un temps plus tard, 15 minutes, son état physiologique est redevenu normal[6].

Cet exemple démontre la puissance de la croyance. Ce cas démontre que la conviction imaginaire d’avoir pris une dose létale peut suffire à déclencher des réactions physiologiques dangereuses, uniquement par la force des attentes négatives.

Les effets placebo sont illustrés par la méthode Coué et l’expérience Pygmalion. Elles illustrent deux façons différentes dont les croyances et les attentes influencent la confiance en soi et la performance. La première agit par l’autosuggestion individuelle, la seconde par le regard d’autrui.

La méthode développée par Émile Coué[7] repose sur l’autosuggestion consciente. Il indiquait que le médicament qu’il délivrait avait des effets puissants et rapides dans le cas du patient. L’idée centrale est que l’imagination est plus forte que la volonté. En nourrissant l’imaginaire de représentations positives, on renforce la confiance en soi et on réduit les croyances limitantes et dans le cas du pharmacien l’on guérit plus rapidement.

L’expérience Pygmalion de Rosenthal[8] & Jacobson[9] se déroule en 1968 dans une école primaire californienne. Des enseignants ont reçu une liste d’élèves présentés comme « prometteurs », en réalité choisis au hasard. À la fin de l’année, ces élèves ont montré une progression significative leurs performances personnelles. Ce phénomène est dû à l’influence des attentes positives des enseignants et des élèves.

Les effets de thérapie cognitivo-comportementale reposent sur le modèle ABC de l’action concrète en trois temps développé par Aaron Beck[10] et Albert Ellis[11]

  • A – Antécédent : la situation ou l’événement déclencheur (exemple : un retard, une critique, une réunion).
  • B – Belief, Croyance : la pensée ou l’interprétation que l’individu donne à cet événement (exemple : « je suis nul », « ils vont me rejeter »).
  • C – Conséquence : les émotions et comportements qui en découlent (exemple : anxiété, colère, évitement, isolement).

La TCC agit en modifiant B, les croyances, ce qui transforme les émotions et les comportements. Le précepte décrit que c’est la manière de notre interprétation (B) des événements (A) qui détermine directement nos réactions (C) contrairement aux habitudes de pensée qui rendent responsable les évènements (A). En TCC, on agit donc sur B pour transformer les conséquences émotionnelles et comportementales.

Ces trois éléments identifiés, il reste à les appliquer au manque de confiance en soi dans les situations d’utilisation des soft skills.

La confiance en soi et les soft skills oui, mais comment ?

« À partir du moment où vous croyez en vous, vous saurez comment vivre. » Goethe[12]

Dans un monde professionnel en constante transformation, la confiance en soi apparaît comme une compétence transversale incontournable. La thèse de Chantal Joie-La Marle [13], consacrée aux soft skills, met en évidence son rôle central dans l’adaptabilité, la performance des individus et des organisations. Définie comme la capacité à mobiliser ses ressources cognitives, émotionnelles et relationnelles pour agir avec assurance et cohérence, la confiance en soi dépasse le simple sentiment personnel. Elle devient une compétence psychosociale qui favorise la résilience et l’efficacité dans les environnements incertains. Les dimensions clés identifiées sont :

  • Auto-évaluation réaliste : reconnaître ses forces et ses limites pour adopter une posture conforme à la fonction exercée.
  • Assertivité : exprimer ses idées et besoins avec clarté et respect.
  • Résilience : transformer les échecs en opportunités d’apprentissage.
  • Autonomie : prendre des décisions sans dépendre de validations externes.
  • Motivation intrinsèque : agir par conviction personnelle et engagement durable.
  • Gestion émotionnelle : réguler ses réactions pour rester aligné avec ses objectifs.
  • Impact pour les managers et les professionnels des ressources humaines, la confiance en soi est un levier stratégique.

Les effets portent sur le renforcement de la crédibilité personnelle, l’inspiration des équipes, la favorisation de l’innovation, la prise d’initiative, le soutien de la performance collective et la facilité de la conduite du changement.

La démarche Devenir Son Propre Mentor[14] coche les cases de la confiance en soi en invitant à évaluer et ajuster ses comportements depuis l’origine de son patrimoine à l’époque du nourrisson[15] il en reste toujours quelque chose. Le progrès est aussi constant que concret. Chaque amélioration renforce l’idée : « Je suis capable de m’autoriser à faire… ». Les principes de l’Education De Soi-Même en 7Clés sont porteurs de l’assertivité nécessaire à l’exercice des différentes fonctions exercées.

  • Clé 1 – Apprendre à apprendre : se sentir capable d’apprendre en continu renforce le sentiment d’efficacité personnelle.
  • Clé 2 – Posture : maitriser une posture cohérente consolide l’image de soi et la crédibilité perçue.
  • Clé 3 – Obtenance : savoir obtenir l’accord accroît l’assurance dans les interactions et la négociation.
  • Clé 4 – Stress : transformer le stress en énergie constructive stabilise les émotions et renforce la confiance.
  • Clé 5 – Management : guider et coordonner avec efficacité développe l’autorité et la légitimité.
  • Clé 6 – Art oratoire : maîtriser la parole libère l’expression de soi et régule la peur du jugement.
  • Clé 7 – Qualité : atteindre l’exigence des standards procure fierté et motivation consolidant la confiance en ses capacités.

Les 7 clés d’EDSM7C constituent un socle universel pour développer la confiance en soi dans les différents contextes, qu’ils soient professionnels, familiaux, sociaux ou intimes. Elles permettent de transformer les compétences implicites en leviers concrets d’efficacité, en renforçant à la fois l’image de soi, la stabilité émotionnelle et la crédibilité relationnelle.

Devenir Son Propre Mentor agit sur la confiance en soi pour permettre d’apprendre, de pratiquer et d’ajuster ses compétences comportementales pour être capable de soutenir la performance et l’adaptabilité attendues par l’exercice de ses différentes fonctions.

Conclusion

« Le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre. » Nelson Mandela[16]

Cette citation illustre que la confiance en soi consiste fondamentalement à croire en ses capacités et à oser s’engager dans l’aventure de sa propre existence, avec sincérité et courage.

La confiance en soi et les soft skills… vaste programme. On pourrait croire que tout cela n’est qu’un jargon de consultants, mais en réalité c’est une mécanique intime : celle qui fait qu’un individu ose lever la main, prendre une décision ou simplement dire « non » sans trembler.

Pour chacun, l’enjeu est clair, la confiance en soi est l’instrument stratégiques des soft skills, le pilier du développement personnel et professionnel. Elle permet d’inspirer, d’innover et de coopérer efficacement dans un monde en perpétuelle évolution.

« Je voudrais toujours faire partie d’un club qui aurait l’audace de m’accepter comme membre. » Cette formule inversée exprime non plus l’autodérision, mais la confiance affirmée, celle de reconnaître sa place, de revendiquer son identité et de s’engager pleinement dans l’aventure collective. Ce club qui accepterait des femmes et des hommes qui osent croire en leur valeur, assumer leurs choix et transformer leurs compétences implicites en leviers concrets d’efficacité.

Agir, c’est déjà croire en soi. Je laisse à Eleanor Roosevelt[17] le soin de conclure cet article : « Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement. »
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[1] Groucho Marx nom de scène de Julius Henry Marx, 1890–1977, comédien américain.

[2] Fratrie de 5 comédiens qui ont marqué l’histoire du cinéma version comique entre 1920 et 1950.

[3] Concept de psychologie introduit par Andrew Salter, 1914 – 1996, psychologue clinicien américain. L’assertivité se défini comme une compétence de communication, posture relationnelle qui consiste à pouvoir affirmer son point de vue sur toutes choses en respectant ses interlocuteurs.

[4] Simone Lucie Ernestine Marie Bertrand de Beauvoir dite Simone de Beauvoir, dite Le Castor, 1908 – 1986, femme de lettres, française. Cahier de jeunesse 1926. Gallimard 2008

[5] Kant Immanuel, 1724 - 1804, philosophe allemand « Critique de la raison pure » 1781.

[6] General Hospital Psychiatry, Volume 29, Issue 2, 2007, Pages 163–165 Article : “Nocebo effects in clinical trials: Attempted suicide with placebo” Auteurs : Rief, W., Nestoriuc, Y., et al.

[7] Émile Coué, 1857 - 1926) pharmacien et psychotechnicien français.

[8] Robert Rosenthal,1933 – 2020, psychologue américain

[9] Lenore Jacobson, 1922 – 2017, enseignante américaine

[10] Aaron Temkin Beck (1921–2021), psychiatre américain

[11] Albert Ellis 1913 – 2007, psychiatre américain.

[12] Johann Wolfgang von Goethe, 1749–1832, homme de lettre, scientifique et homme d’état, romancier, scientifique et homme d’État allemand.

[13] Chantal Joie-La Marle, Docteure en psychologie, Université Paris Cité 2022, psychologue clinicienne, Soft skills : définition, conscientisation et impact dans un contexte de transformation » (NNT : 2022UNIP7021).

[14] Devenir son propre mentor : mieux utiliser les soft skills, Jean-Jacques Machuret, 2025 VA Éditions (VA Press) 266p

[15] Le DRH, le nourrisson et les soft skills ! https://www.fr.adp.com/rhinfo/articles/2026/05/le-drh-le-nourrisson-et-les-soft-skills.aspx?utm_source=copilot.com

[16] Nelson Rolihlahla Mandela,1918 - 2013), dit Madiba, homme d’État sud-africain

[17] Eleanor Roosevelt, 1884 – 1962, femme politique américaine,

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