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Performance et évolution

Le DRH, l’assertivité, les femmes et les soft skills !

L'assertivité : un vrai pouvoir

« Qui commande à la maison ? Il croit que c'est lui » Agneta Machuret [1]

Cette phrase, si courte, si tranquille, cette petite bombe douce est un modèle d’assertivité féminine, cette force tranquille de la moitié de l’humanité. Il y a des forces qui ne se voient pas, parce qu’elles ne cherchent pas à se montrer. Des forces qui ne s’imposent pas, parce qu’elles n’ont pas besoin de dominer. Des forces qui ne parlent pas plus fort, parce qu’elles savent se faire entendre autrement.

Depuis des siècles, les femmes ont appris à exister dans des espaces où l’expression directe était surveillée, où la colère était interdite, où la revendication était suspecte. Elles ont donc inventé autre chose, une manière d’affirmer sans écraser, de résister sans frapper, de tenir sans s’excuser ; une force tranquille, patiente et méthodique. Une force qui ne se confond ni avec la passivité ni avec l’agressivité. Une force qui ressemble étrangement à ce que nous appelons aujourd’hui l’assertivité. Ce mot qui figure dans la liste des soft skills sans définition précise ni moyens pratiques de mise en œuvre.

Rosa Parks[2], assise dans le bus de la Montgomery City Lines ne fait pas un geste héroïque, elle fait un geste juste. Marie Curie[3], debout à l’Académie royale des sciences de Suède, ne réclame pas sa place, elle la construit. Simone Veil[4], face à une Assemblée nationale agitée au Palais Bourbon ne cherche pas à convaincre par la puissance, elle convainc par la clarté.

Toutes les trois ont montré que l’assertivité est une manière d’habiter sa dignité. Une manière de dire : « Je suis là. Je sais ce que je fais. Je continuerai. » Une manière de tenir sa place sans la prendre, d’affirmer sa légitimité sans la brandir, d’exercer son autorité sans la théâtraliser. C’est utiliser ce que Schopenhauer[5] appelle un argument d’autorité[6].

Assertivité, les femmes et les soft skills oui, mais quoi ?

« Nous devons avoir de la persévérance et surtout de la confiance en nous-mêmes ». Marie Curie

Pour comprendre l’assertivité, un retour à l’étymologie du mot s’impose. L’assertivité a pour origine le nom assertion : proposition que l’on pose comme vraie, sans nécessairement fournir la preuve. Le suffixe « ité » transforme le nom qualité. Cette modification grammaticale est identique en anglais « assert + iveness » devient l’état ou l’on est « assertive ».

Le 1er décembre 1955, à Montgomery, Rosa Parks[7], femme noire dans une société où la ségrégation impose aux Afro-Américains de céder leur place, reste assise et dans ce geste immobile se trouve une affirmation plus forte que n’importe quel discours. Elle ne s’emporte pas, elle ne proteste pas : elle dit simplement, calmement, « Vous ne devez jamais avoir peur de ce que vous faites quand c’est juste. ». L’assertivité comme courage moral c’est agir selon ses convictions. Son assertivité n’est pas une confrontation, mais une cohérence penser juste, dire juste, faire juste. Ce soir‑là, elle tient sa place sans la prendre, refuse sans s’opposer, existe sans s’excuser. Elle ne bouge pas, c’est le monde qui se déplace autour d’elle.

Le 10 décembre 1903, à Stockholm, Marie Curie reçoit son premier prix Nobel de Physique, et dans cette salle solennelle, son calme vaut autant que son génie. Elle ne cherche pas à briller, elle ne revendique rien : elle affirme simplement, avec cette sobriété qui la caractérise, « Dans la vie, rien n’est à craindre, tout est à comprendre. » Son assertivité n’est pas un éclat, mais une rigueur, penser juste, travailler juste, avancer juste. Elle tient sa place sans la réclamer, impose sa légitimité sans élever la voix. Ce jour‑là, elle ne conquiert pas le monde, elle l’éclaire.

Le 26 novembre 1974, à Paris, Simone Veil[8] se tient à la tribune de l’Assemblée nationale pour présenter et défendre, devant les députés, le projet de loi relative à l’interruption volontaire de la grossesse. Cette posture droite se joue bien plus qu’un débat, une affirmation. Elle avance avec son raisonnement, sans s’emporter, sans dramatiser avec cette clarté calme qui la définit, disant simplement : « Je le fais en tant que femme, avec ma détermination. » Son assertivité cohérente sans attaque stérile, c’est penser juste, dire juste, tenir juste. Elle occupe sa place sans la réclamer, impose sa légitimité sans élever la voix. Ce jour‑là elle convainc par la vérité sans la force infructueuse.

Trois psychologues ont donné des mots à ce que les femmes donnent déjà en preuve. Andrew Salter[9] a posé les bases de l’assertivité en 1949, en insistant sur la spontanéité et l’expression directe des émotions. Joseph Wolpe[10] a intégré l’assertivité dans ses techniques de désensibilisation systématique, en la définissant comme une expression libre sans anxiété. Albert Ellis[11] a relié l’assertivité à la gestion des croyances irrationnelles et à la liberté cognitive, en l’intégrant dans sa thérapie rationnelle émotive. Cela revient à identifier ce que des figures comme Rosa Parks, Marie Curie et Simone Veil avaient déjà incarné dans leurs gestes quotidiens : affirmer sans agresser, exister sans s’excuser, résister sans violence.

Assertivité, les femmes et les soft skills oui, mais comment ?

« Il faut avoir le courage de dire non, surtout quand tout pousse à dire oui. » Simone Veil

L’assertivité ne s’apprend pas seulement en théorie : elle se construit par des instruments pratiques que j’ai déjà explorés dans des articles précédents ainsi

Janvier 2023 Le DRH, le charisme, l’autorité, le travail et les soft skillsLe DRH, le charisme, l’autorité, le travail et les soft skills ! (adp.com) Cet article aborde l’affirmation de soi, en montrant comment posture et autorité se relient à l’assertivité. « Vous savez ce qu’est le charisme, une façon d’obtenir oui sans avoir à poser la question. » Albert Camus[12]Rayane[13] a fait siennes ces deux citations pour obtenir un piano de 100 000 € et faire autorité. Âgé de 15 ans et quelques mois, il n’est pas un exemple il donne une leçon !.... Du haut de ses 15 ans et quelques mois, Rayane nous donne une leçon de vie en déclarant après sa victoire : « Vous pouvez atteindre vos rêves en travaillant, c’est ce que j’ai voulu prouver en faisant cette émission ».

Mai 2025, l’article Le DRH, faire autorité et les soft skills,https://www.fr.adp.com/rhinfo/articles/2025/05/le-drh-faire-autorite-et-les-soft-skills.aspx. Cet article traite directement de l’affirmation et de la légitimité, cœur de l’assertivité. « Une cuillère suffit » Maxwell[14] Faire autorité est la relation humaine ce que la cuillère est à la préparation du café soluble selon Maxwell, il est en effet inutile d’en rajouter. L’injonction énoncée pour faire consommer le café soluble repose sur la simplicité et la commodité en un mot l’efficience… Après avoir pris connaissance de la maitrise des conditions de réussite pour faire autorité, je laisse à Confucius[15] le soin de vous rappeler l’essentiel « Être en position d'autorité ne signifie pas être obéi, mais être respecté » et le soin de conclure à Albert Camus[16]« Sans respect, l'autorité n'est qu'un pouvoir vide ».

Juin 2026, Le DRH, la confiance en soi et les soft skills,https://www.fr.adp.com/rhinfo/articles/2026/06/le-drh-la-confiance-en-soi-et-les-soft-skills.aspx. Cet article relie confiance et affirmation, base indispensable de l’assertivité. « Jamais je ne voudrais faire partie d’un club qui accepterait de m’avoir pour membre. » Groucho Marx.[17] Cet aphorisme sous la forme d’une antiphrase aussi paradoxale qu’ironique permet à ce célèbre membre des Marx Brothers[18] de se dévaloriser tout en critiquant le club. Les personnes qui sont à la recherche de la confiance en eux ou qui l’ont vu disparaitre n’ont pas à leur disposition cette capacité d’expression… Agir, c’est déjà croire en soi. Je laisse à Eleanor Roosevelt[19] le soin de conclure cet article : « Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement. »

Ces trois jalons montrent l’assertivité en qualité de posture, de compétence composite, nourrie par la négociation, le charisme, la légitimité et la confiance en soi. Il est ainsi possible de construire un véritable cheminement pratique pour apprendre à développer ses propres capacités assertives dans le but d’exprimer ses opinions, ses besoins, ses émotions et ses limites de manière claire, directe et respectueuse, sans agressivité et sans passivité. L’objectif central est d’affirmer sa position tout en reconnaissant celle d’autrui, dans une logique d’équilibre relationnel.

Conclusion

« Je voudrais que l’on se souvienne de moi comme d’une personne qui voulait être libre, pour que les autres le deviennent aussi. » Rosa Parks

Et si finalement, cette force tranquille des femmes était l’une des plus anciennes écoles de soft skills ? Et si l’assertivité, loin d’être une compétence nouvelle, était une sagesse ancienne que les femmes ont dû inventer pour survivre, et que les organisations découvrent seulement aujourd’hui ?

L’histoire ne dit pas tout. Mais elle montre que souvent la force la plus durable est celle qui ne cherche pas à se faire remarquer.

L’assertivité, c’est l’art de dire sans détruire, de décider sans écraser, d’écouter sans disparaître. L’assertivité, une posture sans besoin d’énergie, elle s’apprend dans la réflexion sans besoin de tumulte, elle se cultive sans la cohérence sans besoin de contradiction, elle s’installe par la constance dans besoin de domination.

Pour une fois je me laisse le soin de conclure « L’assertivité des femmes n’a jamais eu besoin de se proclamer : elle se remarque quand les autres croient encore qu’ils commandent. »
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[1] Agneta Machuret 19?? – épouse de l’auteur parlant de son couple à l’occasion de leur 50ème anniversaire de mariage le 04 04 2020.

[2] Rosa Parks, 1913‑2005, couturière, américaine.

[3] Marie Curie, 1867‑1934, Physicienne et chimiste, pionnière de la radioactivité. Polonaise, naturalisée française. Nobel de physique en 1903 et Nobel de chimie en 1911

[4] Simone Veil,1927‑2017, Magistrate et femme d’État française

[5] Arthur Schopenhauer, 1788-1860, philosophe allemand

[6] Stratagème XXX Argument d’autorité L’argumentum ad verecundiam. Celui-ci consiste à faire appel à une autorité plutôt qu’à la raison, et d’utiliser une autorité appropriée aux connaissances de l’adversaire.

[7] Rosa Parks, 1913‑2005, couturière, américaine.

[8] Simone Veil,1927‑2017, Magistrate et femme d’État française

[9] Andrew Salter, 1914-1996, psychologue clinicien, américain.

[10] Joseph Wolpe, 1915-1997 ; psychiatre et psychothérapeute, Sud‑africain naturalisé américain.

[11] Albert Ellis, 1913-2007, psychologue, américain

[12] Albert Camus, 1913 – 1960, écrivain français, prix Nobel de littérature en 1957

[13] La France a un incroyable talent M6 décembre 2022

[14] Slogan utilisé dans les années 2000 par Maxwell House, marque commerciale de café soluble créée en 1892.

[15] Confucius, 551 av. J.-C. - 479 av. J.-C., philosophe chinois.

[16] Albert Camus, 1913 – 1960, homme de lettre français, prix Nobel de littérature 1957.

[17] Groucho Marx nom de scène de Julius Henry Marx, 1890–1977, comédien américain.

[18] Fratrie de 5 comédiens qui ont marqué l’histoire du cinéma version comique entre 1920 et 1950.

[19] Eleanor Roosevelt, 1884 – 1962, femme politique américaine,

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